

Elle rêvait d’écrire, mais le temps lui manquait. Comme beaucoup.
Dans son premier article, Victoria racontait comment elle avait réussi à intégrer l’écriture dans son quotidien. Cette fois, place au concret : quelles concessions (finalement assez indolores) permettent de dégager du temps pour écrire ? Spoiler : le repassage n’a pas tenu le choc.
Dans mon premier article (à retrouver ICI), je vous ai raconté mon histoire. Au bout du compte, me mettre à l’écriture n’a pas été chose facile, mais je m’y suis tenue. J’ai fait des choix professionnels et familiaux qui me permettent d’avoir du temps
dédié à l’écriture de façon quotidienne, mais avant cela, j’ai passé quelques années à caler
mes séances d’écriture par-ci, par-là, quand je trouvais du temps entre le travail et les
enfants.
Je m’étonne toujours du nombre de lecteurs qui viennent me voir en séance de
dédicace et me disent : « moi aussi, j’aimerais écrire ». Vous vous en doutez, cette
affirmation est très souvent suivie d’un « mais ».
Mais je n’ai pas le temps.
Mais je ne sais pas comment faire.
Mais je n’ai pas d’idées.
Il y a plein de raisons valables de ne pas écrire. La première serait de ne pas en
avoir envie. Si au contraire vous en avez envie, demandez-vous ce qui vous arrête vraiment.
Car dans un emploi du temps bien chargé, il n’est évidemment pas possible de tout faire,
c’est avant tout une question de choix.
Dans un premier temps, mettons donc de côté les questions qui fâchent, celles qui
semblent inconciliables (le travail, les enfants, se nourrir, dormir !) et concentrons-nous sur
les adaptations (relativement) faciles.
Qu’y a-t-il sur votre to-do list ou sur votre wish list ? Quelles concessions pouvez-
vous faire ? Que pouvez-vous éliminer au profit de l’écriture et tant pis pour les
conséquences ? Voici, par exemple, ce que j’ai éliminé facilement :
- Le sport. J’aimerais en faire, parce que c’est bon pour la santé et le moral. Mais,
très honnêtement, je n’aime pas le sport. Il m’a donc été facile, malgré un cas de
conscience, d’admettre que je préférais allouer ce temps à la lecture ou l’écriture.
Et tant pis pour les conséquences !
- Le repassage. J’aimerais beaucoup (beaucoup) que tous mes hauts, tous mes
pantalons, tous mes pyjamas et mes draps soient repassés et bien alignés dans
mon armoire (de même que ceux de mes 3 enfants et de mon mari !). Mais ce
que j’aime encore plus, c’est lire et écrire. Alors tant pis !
- Le piano. J’ai toujours rêvé de jouer du piano. Cela remonte sûrement aussi loin
que l’écriture. Mais cela attendra, je n’ai pas le temps… parce que j’écris !
- Les déjeuners avec les collègues. Je dois bien admettre que je suis du genre
introverti, passer du temps seule m’est essentiel. Si bien qu’il est devenu naturel
pour moi, quand je travaillais encore à 100% et que la maison résonnait
continuellement de cris d’enfants, de prendre mon ordinateur personnel en pause
déjeuner et de profiter de ces moments de silence (relatif) pour m’évader dans
l’écriture. Et hop, une heure de gagnée chaque jour !
- Une heure samedi, une heure dimanche. Même avec de jeunes enfants, il faut
savoir s’arroger du temps. Si l’on n’arrive pas à grappiller une ou deux heures le
week-end, c’est burn-out garanti. Parler avec son conjoint, trouver ce temps, pour
l’un comme pour l’autre, peut permettre d’écrire le week-end sans pour autant
louper les moments en famille.
Ce que je n’ai pas voulu sacrifier :
- Dormir moins ? Non, ça je ne l’ai pas fait ! Mais nombre d’auteurs activent leur
réveil une heure plus tôt afin de pouvoir consacrer cette heure à l’écriture. Pour
ma part, le sommeil ne supplantait pas mon inspiration !
- Mon temps de lecture du soir ? Là aussi, hors de question de cesser de lire.
Parce que ça m’est essentiel et parce que ça l’est au métier même d’écrivain.
Donc, non, je n’écris pas le soir. Tant pis !
- Les sorties entre amis ? Ce sera à vous d’en juger, personnellement, j’ai
tendance à doser mes sorties de façon à préserver mon sommeil, en revanche je
refuse rarement de voir des amis pour écrire à la place. Mais de nombreux
auteurs passent en mode hibernation au cours de l’écriture d’un manuscrit.
Ce ne sont là que quelques exemples, mais si vous avez vraiment envie d’écrire,
listez les différentes activités (obligatoires et/ou de loisir) auxquelles vous allouez votre
temps et, pour chacune d’entre elles, demandez-vous :
- Ai-je plus envie d’écrire ou de faire ceci ? Soyez honnêtes avec vous-mêmes, ne
créez pas de nouvelles frustrations en éliminant quelque chose qui vous importe,
car l’écriture doit rester un plaisir !
- Quelles sont les conséquences si j’élimine cette activité ? Parfois, vous vous
rendrez compte que ça n’a pas si grande importance !
- Puis-je relayer cette activité au second plan ? Tout ne doit pas toujours être fait à
la minute, ni parfaitement. Il est aussi possible de s’organiser autrement, sans
pour autant tout laisser tomber. Par exemple : repasser une chemise
ponctuellement quand nécessaire et laisser tomber la belle pile de pyjamas bien
rangés !
Le temps, c’est le nerf de la guerre, il est donc une étape de réflexion essentielle.
Mais je terminerai sur deux conseils à garder en tête continuellement :
- Il vous faudra vaincre vos démons : vaincre le syndrome de l’imposteur, vaincre
la page blanche, vaincre la culpabilité aussi parfois (souvent). Dépassez tout cela
et, si c’est ce dont vous avez vraiment envie, allez-y !
- Jaugez votre dose d’effort, gardez plaisir en toutes choses : demandez-vous quel
niveau d’effort vous êtes prêts à mettre dans l’écriture et tenez-vous-y. Quand
vous sentez que cela devient « trop », faites un retour en arrière. Après tout, il n’y
a pas d’enjeu !
Voilà pour les concessions faciles qui vous permettront de dégager un peu de temps
d’écriture. Mais si vous voulez aller plus loin, il vous faudra vous pencher sur des questions
bien plus délicates, telles que l’argent, le travail, les enfants.
Renoncement ? Sacrifice ? Épanouissement ?
On en parle au prochain épisode !

Victoria Lecointe vit au Luxembourg, où elle travaille dans la finance et élève ses trois enfants. Française d’origine, elle a grandi à Lille, où elle a également étudié le droit. Depuis son plus jeune âge, elle n’a jamais cessé de lire. Après des années à accumuler des histoires, elle s’est décidée à les écrire elle-même. Son premier roman, Le Sac à Main d’une Autre Vie, est paru aux éditions Jouvence en 2024.
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