

Oser, ce n’est pas toujours foncer.
C’est parfois simplement refuser de rentrer dans un moule qui ne nous correspond pas.
À travers son parcours personnel et professionnel, Maeva explore ce que signifie vraiment l’audace : la peur, le doute, l’instinct, le désir, mais aussi cette fine frontière entre protection et prise de risque.
Une chronique sensible et éclairante, qui parle de liberté, de choix imparfaits… et de cette énergie intérieure qui pousse à avancer, même quand rien n’est garanti.
🌸 Quel est le choix le plus audacieux que tu aies fait dans ta vie ? Qu’est-ce qui t’a poussé à oser ?
Ces questions m’obligent à réfléchir et à être précise.
Par exemple, à distinguer courage et audace.
Si le courage consiste à avancer malgré la peur, souvent avec un sens du devoir, l’audace est plus impulsive, moins sage.
Je pense forcément au moment où j’ai choisi de m’installer à mon compte, alors que la plupart des personnes de mon entourage avaient choisi la sécurité du salariat.
Avec tous les risques et les engagements que cela implique : louer des bureaux au Luxembourg, créer une entité juridique, être seule… et surtout renoncer à un salaire fixe.
Ce qui m’a poussée à oser, c’est l’instinct de survie :)
Je n’ai pas vraiment l’impression d’avoir osé ; je n’ai surtout pas voulu me trahir.
Je ne me suis pas sentie audacieuse, mais plutôt au pied du mur : me forcer à rentrer dans le moule m’aurait coûté plus cher que le risque de créer.
🌸 As-tu toujours été quelqu’un d’audacieux ou est-ce une qualité que tu as développée avec le temps ?
Je pense que j’ai toujours aimé prendre certains risques, oui.
Disons que j’ai besoin de créer, de faire autrement, de laisser ma patte.
Très jeune déjà, je cherchais à me démarquer : par le sport, le style vestimentaire, mes choix d’études…
Je choisis souvent la liberté avant la sécurité, même si, idéalement, les deux devraient pouvoir se combiner.
Je ne sais pas à quel point ce parallèle a sa place ici, mais je m’intéresse de plus en plus à la neurodivergence. Je crois que nous avons tous un rapport très différent à l’ennui, à la sensibilité, au risque et à la créativité.
Parfois, l’audace est une réponse, voire une protection, face au commun.
On sait qu’il y a énormément de profils TDAH dans les start-up, par exemple.
Ce qui ressemble à de l’audace est parfois simplement un fonctionnement atypique.
🌸 Quel est, selon toi, le plus grand frein qui empêche les gens d’oser ? Comment as-tu surmonté tes propres peurs ?
Je crois que c’est ce petit dialogue interne destructeur, le petit saboteur qui, bien souvent, prend racine dans l’enfance.
Il y a aussi cette anticipation de la honte, la peur de décevoir.
Et puis le fameux fantasme du « bon moment », qui nous pousse à repousser, à attendre et, finalement, à ne jamais vraiment se lancer.
Je pense qu’il faut venir questionner le désir.
Apprendre à distinguer le vrai désir du simple besoin ponctuel de tout remettre en question.
S’imaginer lancer un projet fait du bien, c’est même plutôt sain.
Et parfois, c’est suffisant.
Il n’y a pas forcément de passage à l’acte. Tout le monde n’est pas fait pour oser.
Personnellement, ce que je déteste, c’est le laps de temps où la décision n’est pas encore prise, ce temps de réflexion qui donne le vertige.
Mais une fois que ma décision devient une évidence, je n’ai pas peur : je suis trop excitée.
L’insouciance aide aussi beaucoup… Si j’avais su toutes les étapes (et les doutes) qui m’attendaient…
🌸 T’es-tu déjà lancée dans un projet ou une aventure que tout le monde trouvait trop risquée ? Comment cela s’est-il passé ?
En réalité, chaque décision comporte sa part de risque : changer de travail, quitter son partenaire…
Je repense à certains investissements immobiliers, à cette période où j’ai choisi de vivre entre deux villes, avec une partie mise en Airbnb… juste pour suivre mes envies et concilier deux besoins.
Accueillir des visiteurs, découvrir un style de vie qui ne me conviendrait peut-être pas, puis savoir saisir le bon moment pour vendre et, finalement, acheter la maison de mes rêves, devenue la maison de famille.
Et puis il y a eu certains choix d’études. Je suis partie à Paris pour suivre un cursus en psychologie du sport, en STAPS. C’était une vraie surprise pour mes proches.
Les gens ne comprennent pas toujours nos choix. Les premières réactions sont souvent défensives : ils projettent leur propre peur.
Rares sont ceux qui savent encourager quand on sort du terrain connu.
Chez moi, cela a souvent pour effet d’attiser mon esprit de contradiction.
Que ce soit la création de mon cabinet de psychologie, mes choix d’études ou mon style de vie, j’ai presque toujours choisi l’adrénaline.
Dès que je sens que quelque chose vibre en moi, j’y crois.
🌸 L’audace, c’est aussi accepter l’incertitude. Comment fais-tu pour avancer même quand rien n’est garanti ?
Je crois qu’il ne faut jamais se prendre trop au sérieux et voir la vie comme une aventure à vivre.
À partir de là, tout devient plus léger.
J’ai la chance d’être très bien entourée. Les choses se discutent et se décident ensemble.
Je suis de nature anxieuse, du genre à aimer me poser des questions existentielles, mais j’ai vite compris que ma plus grande peur n’est pas l’échec, mais le vide.
Quand je doute, je me rappelle que tout est mouvement, que ce qui est vrai aujourd’hui ne le sera peut-être pas demain. On se renouvelle, on évolue.
Il faut aussi garder une vision d’ensemble, en tenant compte du contexte dans lequel on se trouve.
Il y a un temps pour tout... surtout quand on est une femme.
🌸 Y a-t-il une personne, une lecture ou une expérience qui t’a aidée à voir le risque autrement ?
Je passe mon temps à observer et à modéliser les parcours intéressants et originaux que je croise autour de moi. Je pioche des ingrédients un peu partout. Le fonctionnement humain me passionne.
Dans mon quotidien professionnel, j’accompagne des personnes ambitieuses qui me racontent comment elles gèrent le risque, les déceptions et les victoires. Je ne pourrais pas être mieux inspirée.
À titre personnel, l’accès à la parentalité a été compliqué à cause de problèmes de fertilité.
Ce parcours en PMA m’a fait expérimenter ce doux équilibre entre « lâcher prise » et « détermination ». J’en suis très fière.
J’ai été obligée de faire confiance aux professionnels. Par moments, c’était risqué, mais j’ai toujours été récompensée d’avoir lâché prise.
🌸 Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui rêve de sortir des sentiers battus mais qui hésite encore à faire le premier pas ?
Génial, fonce !
Mais avec conscience.
Je dirais qu’il faut d’abord se créer une vision globale.
Laisser cette vision se présenter devant soi : une histoire, des valeurs, des rêves… quelque chose qui résonne.
Ensuite, on descend progressivement dans les détails, comme dans un entonnoir :
que la vision devienne un projet,
que le projet devienne des objectifs,
que les objectifs deviennent un plan d’action clair, précis, sécurisant et un peu excitant.
Quant au petit saboteur, il ne faut pas chercher à le faire taire. Il faut savoir lui laisser sa place et écouter ce qu’il a à nous dire.
L’intention est toujours positive : il cherche souvent à nous protéger.
La vraie question, c’est : de quoi ?

Installée depuis plus de 10 ans à Luxembourg, Maeva OLIVIERI, Gérante de son cabinet M.A.V.I (Mind and visual Identity) et Fondatrice du centre Hope Family, accompagne particuliers et professionnels dans leur développement.
Forte d’un parcours mêlant psychologie clinique, psychopathologie, et ressources humaines appliquées à la psychologie du travail, Maeva a enrichi son expertise avec des formations en PNL, coaching et hypnose. Cette approche multidisciplinaire, bâtie avec passion au fil des années, lui permet de proposer un accompagnement sur mesure, alliant humanité et efficacité, pour aider chacun à se libérer et révéler son plein potentiel.
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