Possible@Lux | Possible ou pas d’apprendre à parler LinkedIn à +50 ans ?

Et si les +50 ans devenaient les nouveaux rois de LinkedIn ?
Romain en est convaincu : il suffit parfois d’un petit déclic pour transformer une présence invisible en vraie force de frappe digitale.
Lui-même s’est lancé sur la plateforme en 2015, sans plan de carrière, avec un simple post… et sa vie a basculé.
Dans cette chronique, il démonte les idées reçues, partage ses observations de terrain et donne les clés pour (re)prendre la parole à tout âge.
Spoiler : le plus dur, ce n’est pas la technique. C’est d’oser.

👨🏻‍💻 Romain, tu t’es lancé sur ce sujet après un vrai déclic. Qu’est-ce qui t’a frappé dans les échanges avec les plus de 50 ans ?

Il y a un vrai décalage entre ce qu’ils pensent devoir faire… et ce qu’ils font réellement.

Depuis le COVID, nos façons de communiquer ont été complètement bouleversées : on fait des Zooms, on cherche des infos en ligne, on prend des décisions en fonction de ce qu’on voit — ou pas — sur Internet.

Et les réseaux sociaux jouent un rôle énorme là-dedans.

Aujourd’hui, avoir une présence en ligne est devenu indispensable.

Les plus de 50 ans n’y échappent pas. Encore moins quand ils sont entrepreneurs.

👨🏻‍💻 Qu’est-ce qui bloque vraiment ? La technique, le regard des autres, ou un manque de repères ?

Je ne peux pas dire que tous les 50+ sont "nuls en tech" ou "à la ramasse sur les réseaux". C’est plus une question d’habitude et d’intérêt.

Si personne ne t’a jamais appris à faire du vélo, tu peux toujours apprendre. Mais ce sera plus long, plus galère…

Alors qu’avec quelqu’un à côté, tu prends de l’élan plus vite.

Sur LinkedIn, c’est pareil.

Sauf que ça demande un peu plus que de tenir en équilibre.

Il faut comprendre la technique, les codes… et surtout oser.

→ Techniquement, tout est nouveau : changer une bannière, créer une sélection qui redirige vers un Tally ou un Calendly…

Le manque de repères vient de cette méconnaissance technique. L’avantage, c’est que créer de nouveaux repères peut aller vite… à condition de passer du temps sur la plateforme.

→ Le regard des autres, pour moi, c’est le vrai frein.

Et ça, peu importe l’âge. Mais quand on n’a pas grandi avec ces outils, ça pèse encore plus lourd.

Parce que là, ce n’est pas juste une prise de parole en petit comité.

C’est potentiellement ta famille, tes anciens collègues, tes amis, des inconnus…

Et ça impressionne. Parfois, ça paralyse.

Les excuses arrivent alors à la vitesse d’Usain Bolt sur la ligne d’arrivée :

« Ce n’est pas pour moi », « je n’ai rien à dire », « je vais me ridiculiser »


👨🏻‍💻 « LinkedIn, ce n’est pas pour moi » : tu l’as entendu combien de fois ? C’est quoi le vrai souci derrière cette phrase ?

Assez souvent pour en avoir fait un business. J’utilise ce genre de phrases pour qualifier la personne en face de moi.

Il y a ceux qui disent ça par peur d’évoluer, de s’adapter au monde qui les entoure, et qui deviennent réfractaires.

Ceux-là, je ne travaille pas avec eux.

Mais la plupart poursuivent avec :

« LinkedIn, ce n’est pas pour moi… parce que je ne comprends pas. »

Et là, ça devient intéressant. Parce qu’il y a une vraie volonté de comprendre, de s’adapter.

👨🏻‍💻 Est-ce qu’on peut vraiment désapprendre les anciens codes pro pour s’approprier ceux du digital ?

J’aime bien cette question.

Elle me fait penser à une phrase assez compliquée à dire. Attention, soyez prêts :

« J’ai toujours fait comme ça… pourquoi changer ? »

(Rien qu’en l’écrivant, je viens de perdre dix ans d’espérance de vie. Mais c’est pour la bonne cause.)

La question n’est pas de désapprendre, c’est de s’adapter.

Et comme le disait un sage célèbre (probablement Darwin, ou un bon pote à lui) :

« Ce n’est pas le plus fort qui survit. Ni le plus intelligent.
C’est celui qui s’adapte le mieux au changement. »

👨🏻‍💻 La clarté revient souvent dans ton discours. Pourquoi est-ce le point de départ de tout ?

Être au clair sur pourquoi on fait les choses, c’est ce qui guide ma vie.

Mais attention, ça ne veut pas dire que je suis la clarté incarnée, loin de là.

Parfois, j’ai l’impression d’être le moins clair du monde :
dans ce que je dis, ce que je fais, ce que j’entreprends.

Et c’est justement pour ça que la clarté est devenue, pour moi, la chose la plus importante à cultiver.

Parce que sans clarté, on s’épuise vite. On agit, mais on ne sait plus pourquoi.

Et on finit par avancer dans le flou, sans direction.

👨🏻‍💻 Tu travailles avec des entrepreneurs, des coachs, des consultants, des indépendants… Quel levier fait vraiment bouger les lignes dans leurs prises de parole ?

Le fait de commencer.

D’accepter d’être brouillon au début.

De contribuer, même si ce n’est pas parfait.

De confronter leur vision, leurs idées, leur posture à celles des autres.

C’est là que ça bouge.

Pas dans la réflexion solo, mais dans l’action partagée.

👨🏻‍💻 C’est quoi pour toi un “bon” post LinkedIn quand on a 30 ans d’expérience derrière soi ?

Le meilleur post LinkedIn quand on a 30 ans de bouteille, c’est de partager régulièrement.

Je dis souvent que ce qui transpire dans les posts LinkedIn, c’est ce que vivent ou ont vécu les personnes dans leur réalité physique.

Et avec 30 ans d’expérience, ça fait des milliers d’idées de posts à construire.

Le premier pourrait commencer comme ça :

« Je viens de fêter mes 30 ans… en tant que X.
Voici 30 choses que j’aurais aimé savoir : »


👨🏻‍💻 Ton premier post a changé ta vie. Tu t’en souviens ? Tu peux nous dire ce qui s’est passé ensuite ?

22 mars 2015, année des attentats de Charlie Hebdo. Une année chargée en émotions pour toute la France — et pour moi aussi. Je venais de sortir de l’école, j’avais décroché un premier job au Luxembourg pour financer mon voyage de rêve au Canada… qui, finalement, ne s’est pas fait cette année-là.

Et je me suis dit : mince, LinkedIn, ça sert aussi à trouver un job, non ?

Je me suis donc lancé dans l’écriture d’un post. Le voici :

Résultat : Julie me contacte. Inconnue au bataillon, elle me propose de venir la rencontrer à Metz.


C’est comme ça que j’ai entamé une carrière de consultant en gestion de patrimoine indépendant pendant cinq ans, grâce à LinkedIn.


👨🏻‍💻 Alors, possible ou pas de se (re)mettre à LinkedIn à 50 ans ?

Le monde du travail a changé. Depuis le Covid, les réseaux sociaux sont devenus un canal clé pour créer du lien, trouver des opportunités et montrer ce qu’on vaut.

À 50 ans, ignorer LinkedIn, c’est se couper d’un levier essentiel pour continuer à exister, vendre, et se faire connaître.

Alors oui, c’est possible. Mais surtout, c’est indispensable.

👨🏻‍💻 Et pour commencer sans se planter, tu recommandes quoi comme premier pas ?

On entend souvent que la première chose à faire, c’est d’optimiser son profil (bannière, infos, etc.).

C’est important, bien sûr.

Mais pour moi, la toute première étape, c’est de clarifier ton objectif sur la plateforme :

  • Pourquoi tu veux communiquer ?

  • Pour qui ?

  • Quelle est ton offre ?

Quand le fond est clair, la forme suit naturellement.


Romain Bour aide ceux qui n’osent pas à se rendre visibles.
Coach LinkedIn, il accompagne les indépendants, coachs et entrepreneurs pour dépasser la peur du jugement, affirmer leur place et communiquer avec clarté sur la plateforme.