

Sur le papier, tout était parfait.
Dans la réalité, ça ne l’était plus.
De la finance aux projets entrepreneuriaux, Aurélien a fait un choix radical : ne jamais rester là où il est trop à l’aise. Dans cette chronique, il raconte ses virages, ses échecs, ses prises de risque assumées, et comment l’incertitude est devenue un moteur plutôt qu’un frein.
🪅 Le choix le plus audacieux que j’ai fait ?
Ne jamais rester là où je suis trop à l’aise.
À chaque fois que je suis “au chaud”, un peu dans une prison dorée, je m’ennuie.
Et quand je m’ennuie, je change.
J’ai commencé en finance : salle des marchés, gestion de fonds, jusqu’à co-gérer la fortune d’un milliardaire. Sur le papier, c’était parfait.
Dans la réalité, ce n’était plus moi.
Alors je suis sorti du cadre.
Je suis allé vers des métiers qui me correspondaient mieux : le digital et l’innovation.
J’ai lancé un lab d’innovation en banque, puis une boîte de co-living qui a très bien marché.
Quand tout roulait… je suis parti.
Ensuite, j’ai créé une plateforme d’experts, Coffee.
Excellente idée.
Zéro vente.
Échec total.
Et une vraie leçon d’humilité.
Aujourd’hui, j’ai relancé les cartes avec She Said Yes!. Une agence immobilière media-first.
On ne vend pas juste des biens, on raconte des histoires.
Le média crée la marque.
L’agence finance le média.
Un cercle vertueux.
En résumé :
je refuse de m’encroûter.
Je fais des choix audacieux.
Parfois, ça pique.
Mais jusqu’ici, ça a toujours payé.
🪅 As-tu toujours été quelqu’un d’audacieux ou est-ce une qualité que tu as développée avec le temps ?
Je pense que je l’ai toujours été.
Mais ça s’est clairement renforcé avec le temps.
Au départ, j’ai fait des études de finance pour une raison très simple :
j’avais vu le film Wall Street.
Michael Douglas. Le mythe du trader.
Et honnêtement, j’adorais la matière.
C’était technique, concret, mathématique.
Mon mémoire s’appelait “Comment couvrir le risque de volatilité”.
Je suis retombé dessus il y a quelques mois…
et j’ai halluciné que ce soit moi qui l’aie écrit.
Mais entre la théorie et la réalité du métier, il y avait un monde.
Et je n’ai jamais vraiment aimé la pratique de la finance.
À l’inverse, l’esprit entrepreneurial a toujours été là.
En 4e, par exemple, je revendais des copies pirates de Titanic en VHS…(je peux le dire maintenant, il y a prescription, pas vrai ? 🙃)
En 2013, quand j’étais en banque, je suis allé voir le CEO pour lui proposer de lancer du crowdfunding equity et obligataire en interne. Je voyais déjà tout l’écosystème bancaire autour.
Il n’a pas du tout partagé la vision.
Le projet est mort avant de naître.
Donc oui, je pense que l’audace était là dès le départ.
Mais avec le temps,
j’ai appris à l’assumer, à l’écouter, et surtout à agir dessus.
🪅 Quel est, selon toi, le plus grand frein qui empêche les gens d’oser ? Comment as-tu surmonté tes propres peurs ?
Le plus grand frein pour oser, selon moi, c’est l’argent.
Ou plutôt… le mode de vie qu’on construit autour de l’argent.
Plus on gagne bien sa vie, plus on achète des choses. Plus on a de charges.
Et sans s’en rendre compte, on se construit une prison dorée.
On ne reste pas par envie. On reste par peur de perdre son confort.
Moi, j’en ai vraiment pris conscience en 2022.
Je voulais acheter une résidence secondaire dans le Gard.
Maison parfaite.
85 % d’apport. Seulement 15 % d’emprunt.
Je pensais que ce serait une formalité. En réalité, je n’ai jamais eu le crédit.
Sur le moment, j’étais dégoûté. Vraiment. Mais avec le recul, c’est la meilleure chose qui me soit arrivée.
À la place, j’ai remboursé l’emprunt de ma résidence principale. Et sans crédit, sans grosses charges mensuelles, la pression disparaît. Plus d’épée de Damoclès. Moins de stress.
Moins de peur du cash burn.
Et quand tu n’as plus cette pression financière, tu oses beaucoup plus facilement.
🪅 T’es-tu déjà lancé dans un projet ou une aventure que tout le monde trouvait trop risquée ? Comment cela s’est-il passé ?
Oui. Honnêtement ? Presque tous.
Dès que tu lances un projet, il y a toujours quelqu’un pour te dire que c’est trop risqué.
Mais la vérité est simple : tant que tu ne te lances pas, tu ne sais pas.
Avec des “si”, on refait le monde. En faisant, on découvre la réalité.
Chaque projet m’a appris la même chose : le risque n’est jamais là où on l’imagine. Il se révèle uniquement dans l’action. Et pour moi, c’est un peu comme arrêter de fumer.
Tu trouveras toujours une bonne raison de ne pas le faire. Toujours.
Donc à un moment, il faut arrêter de réfléchir et y aller.
Parce que l’inaction est souvent le plus grand risque de tous.
🪅 L’audace, c’est aussi accepter l’incertitude. Comment fais-tu pour avancer même quand rien n’est garanti ?
Pour moi, l’incertitude n’est pas un problème. C’est justement ce qui est cool.
Ne pas avoir le chemin tout tracé, c’est ce qui me motive.
Si tout était garanti, si tout était écrit à l’avance, si chaque jour se ressemblait... Franchement,à quoi bon ?
L’audace, ce n’est pas d’éliminer l’incertitude. C’est d’apprendre à avancer avec elle.
🪅 Y a-t-il une personne, une lecture ou une expérience qui t’a aidé à voir le risque autrement ?
Oui. Une expérience. Le décès de ma maman. Elle est décédée à 60 ans. L’année de sa retraite. Elle était avocate. Elle a travaillé toute sa vie. Beaucoup. Sérieusement. En se disant : “plus tard, j’en profiterai.”
...Et ce “plus tard” n’est jamais arrivé.
Ça a complètement changé ma vision du risque et de la vie. C’est l’année où j’ai plaqué le monde de la finance. J’ai compris que le vrai danger, ce n’est pas d’oser trop tôt.
C’est de remettre la vie à plus tard.
🪅 Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui rêve de sortir des sentiers battus mais qui hésite encore à faire le premier pas ?
Arrête d’attendre d’être prêt ! Ça n’arrivera jamais.
La peur ne disparaît pas avant le premier pas. Elle disparaît après.
Mon conseil est simple : ne change pas toute ta vie d’un coup.
Commence par réduire ce qui te retient. Tes charges. Tes dépendances. Ton besoin de sécurité absolue. Puis fais un pas. Petit. Mais réel. Parce qu’au fond, le vrai risque, ce n’est pas d’échouer. C’est de rester exactement là où tu es… en te demandant toute ta vie :
“Et si j’avais osé ?”

Aurélien DOBBELS est le fondateur de She Said Yes!, une agence immobilière media-first.
Il réinvente l’immobilier en explorant la décoration et l’architecture à travers celles et ceux qui en ont fait le cœur de leur business, en mettant la vidéo et le storytelling au service des lieux.
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