

Chez lui, pas de star solo ni de course au CV. Ce qui compte, c’est l’humain, l’entente et l’envie d’avancer ensemble. Membre du comité de direction chez Funds Avenue, Benoît Joseph incarne un management où la confiance, la complémentarité et l’humour font toute la différence.
Il partage ici sa vision d’un recrutement qui bouscule les standards, sa manière de construire une équipe soudée — et pourquoi, pour lui, la réussite sera toujours une aventure collective.
[Pour commencer, quelques repères]
👾 Vous êtes arrivé au Luxembourg il y a plus de 10 ans. Si vous regardez votre parcours depuis Bruxelles jusqu’à aujourd’hui, quels en ont été les grands tournants ?
Je dirais que ma première expérience chez PwC a été déterminante. J’y ai appris une méthodologie de travail extrêmement rigoureuse, centrée sur l’efficacité et la collaboration — des bases solides que j’utilise encore aujourd’hui. Et d’ailleurs, beaucoup de mes amis actuels sont d’anciens collègues de PwC, c’est une belle preuve de la force des liens qu’on y crée.
Un autre tournant important, c’est bien sûr ma vie de famille, qui a évolué en parallèle.
Et puis, il y a eu mon arrivée chez Funds Avenue, une étape clé dans mon parcours. J’y ai d’abord intégré l’équipe, avant de rejoindre le comité de direction. J’ai eu la chance d’y trouver une véritable entente avec les autres directeurs, des relations devenues amicales avec le temps — et ça, c’est vraiment précieux.
👾 Vous êtes aujourd’hui membre du comité de direction et actionnaire chez Funds Avenue. Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous impliquer aussi fortement dans cette entreprise ?
Ce sont avant tout les relations humaines. Avec les autres dirigeants, une vraie amitié s’est créée, et c’est ce lien fort qui nous pousse à nous investir à 200 %.
Il y a aussi une grande liberté qui m’a été donnée dès le départ, notamment celle de constituer ma propre équipe. Aujourd’hui, nous sommes sept, et je sens une vraie confiance de leur part. Mon objectif, c’est de transmettre cette dynamique positive, ce mélange de rigueur et de plaisir : work hard, play hard.
👾 En quelques mots, comment décririez-vous votre mission actuelle ?
Je suis responsable de la gestion des risques de fonds d’investissement. Concrètement, notre rôle est de mesurer les différents risques et d’en informer à la fois les conseils d’administration des fonds — mais aussi celui de notre société — ainsi que les gestionnaires d’actifs.
On leur fournit une analyse complète sous forme de rapport, qui couvre les grands types de risques : marché, liquidité, contrepartie, durabilité, etc.
[L’importance de l’équipe]
👾 Vous dites souvent qu’un département ne repose pas sur une seule personne, mais sur l’équipe dans son ensemble. Qu’est-ce que cela signifie concrètement pour vous ?
Tout à fait. Seul, on ne peut pas aller très loin, mais en groupe, on peut. Il est primordial pour moi, en revanche, d’avoir des profils différents avec des compétences complémentaires. Chaque membre de l’équipe pourra ainsi se sentir responsabilisé, sans entrer pour autant dans une logique de compétition.
👾 Qu’est-ce qui, selon vous, permet à une équipe de bien fonctionner sur le long terme ?
L’équilibre entre la bonne entente et l’envie de progresser. L’humour et la bonne humeur, c’est important, mais ça ne suffit pas à fidéliser une équipe sur la durée.
Ce qui fait vraiment la différence, c’est un environnement sain, où chacun peut évoluer, apprendre, se challenger — sans pression inutile. C’est cette dynamique-là qui permet aux équipes de s’épanouir dans le temps.
👾 Dans votre management, vous insistez sur des valeurs comme la confiance et l’entraide. Comment faites-vous pour les faire vivre au quotidien dans votre équipe ?
La confiance : je suis contre le micro-management, car j’estime que des personnes avec 5 à 10 ans d’expérience n’ont pas besoin d’être suivies à la culotte. En revanche, elles ont besoin d’évoluer dans des structures où leur travail est valorisé. Cela passe par une vraie autonomie : télétravail, choix des périodes de congés, horaires flexibles…
Cela dit, si vous demandez à mon équipe, ils vous diront que je suis exigeant.
Pour moi, la confiance, c’est justement cet équilibre entre flexibilité et exigence.
L’entraide : comme je le disais plus haut, il est important d’avoir des profils différents dans une équipe. Et pour que cela fonctionne, chacun doit savoir qu’il peut compter sur les autres. Personne ne devrait se sentir seul, mais au contraire soutenu.
Je n’aime pas voir quelqu’un stresser devant son écran alors qu’à deux mètres, un collègue a exactement les compétences pour lui venir en aide.
[Recruter autrement]
👾 Vous avez une approche du recrutement qui sort des sentiers battus : pour vous, l’adéquation du profil avec l’équipe compte plus que le CV. Pourquoi ce choix ?
Le travail d’équipe est essentiel. Si vous engagez quelqu’un avec des compétences remarquables, mais incapable de vivre en communauté, vous risquez de fragiliser l’entente générale — avec, à terme, le risque que d’autres membres de l’équipe quittent le navire…
Par ailleurs, si un membre de votre équipe a déjà fait ses preuves depuis plusieurs années, et que vous recrutez un profil strictement identique, cela peut également nuire à la dynamique.
Et c’est valable dans les deux sens : si la nouvelle recrue sent qu’elle peut apporter sa pierre à l’édifice sans nuire à l’ambiance, elle s’intégrera d’autant mieux.
Mon objectif, quand je recrute, c’est de trouver des profils complémentaires à l’équipe en place — des personnes qui partagent ma vision de l’exigence, tout en s’intégrant dans l’esprit de bienveillance et de bonne entente qui nous unit déjà.
👾 Auriez-vous un exemple concret d’un recrutement réussi grâce à cette approche, même si le profil ne correspondait pas "parfaitement" sur le papier ?
Le dernier recrutement de l’équipe en est un bon exemple. Dans mon équipe, au-delà de la gestion des risques, nous sommes également en charge de la relation client.
La dernière candidate avait une expérience presque exclusivement centrée sur la gestion des risques, sans réelle exposition au contact client. Mais comme je la connaissais personnellement (nous avons commencé ensemble chez PwC), je savais qu’elle avait les compétences humaines et relationnelles nécessaires pour être en première ligne avec nos clients. Grâce à son profil ouvert et ses compétences techniques, nous pouvions capitaliser sur les deux dimensions.
Un autre exemple : la deuxième personne que j’ai recrutée. Il n’avait pas d’expérience directe en gestion des risques, mais faisait preuve d’une très grande motivation (il avait trois ans d’expérience dans un cabinet Big Four). Le feeling est tout de suite passé entre nous, et nos profils se complétaient bien. Aujourd’hui, cela fait cinq ans qu’il est dans l’entreprise. J’ai préféré miser sur lui plutôt que sur un expert du risque, car il s’intégrait mieux à l’équipe et à l’entreprise dans son ensemble.
👾 Lors d’un entretien, que cherchez-vous chez un candidat, au-delà des diplômes et des expériences ?
Une répartie, mais mesurée 😊. Je m’attends à ce qu’un candidat ne me dise pas toujours oui, mais confronte sa vision à la mienne. Je préfère quelqu’un de naturel et authentique, qui ose dire « je ne sais pas », plutôt que quelqu’un qui invente ou cafouille. L’idée est d’avoir une discussion saine, comme si nous étions déjà collègues. Après tout, nous allons passer beaucoup de temps ensemble, il ne faut pas se tromper sur les profils.
À l’inverse, il ne faudrait pas qu’il soit systématiquement négatif ou jamais d’accord, car nous ne pourrions pas avancer vers un objectif commun.
👾 Pensez-vous que cette manière de recruter influe sur la dynamique d’équipe à long terme ?
Oui. Aujourd’hui, au sein de l’équipe, il y a une bonne ambiance. Nous sortons régulièrement tous ensemble, et nous sommes heureux de nous retrouver le matin pour quelques blagues. Nous partageons tous la même vision et sommes exigeants dans notre travail et aimons le travail de qualité.
Mais c’est plutôt à eux qu’il faudrait poser la question en vrai ! Certes, les profils de l’équipe sont différents et complémentaires, mais ils sont cohérents.
👾 Selon vous, cette approche peut-elle s’appliquer plus largement, même dans des structures plus classiques ?
C’est vrai que nous sommes une petite entreprise de 50 personnes, et que pour le moment, dans une équipe de 7 personnes, j’ai pu aligner les profils. Bien sûr, cela sera plus complexe dans de grandes entreprises, mais je reste convaincu que c’est possible. Il faudra alors définir une vision claire de l’entreprise et s’assurer que les managers la partagent et la transmettent à leurs équipes.
[Et au-delà de l’entreprise]
👾 Vous attachez aussi beaucoup d’importance à la relation humaine dans vos échanges avec les clients et anciens collègues. Cette sensibilité au profil se retrouve-t-elle également dans la manière dont vous construisez votre réseau ?
C’est pareil, effectivement. Il est important de s’entourer de personnes en qui vous pouvez avoir confiance, même au-delà de votre équipe ou de votre entreprise. Des personnes avec qui vous pouvez aller déjeuner, discuter des problématiques auxquelles vous faites face. Quand il y a une relation de confiance, vous pouvez être sûr d’être bien aiguillé, épaulé.
Au départ, mon réseau s’est surtout construit autour de personnes ayant suivi la même formation que moi, ou une formation proche. Mais avec le temps, j’ai eu la chance d’élargir mes contacts et de m’entourer de profils parfois très différents. Ce nouveau réseau me permet aujourd’hui de confronter ma façon de faire, de prendre du recul et d’enrichir ma vision.
Avec nos clients, on essaie aussi de construire une véritable relation de confiance, fondée sur l’écoute et l’entraide. L’idée, c’est d’avancer ensemble, dans la durée.
👾 Quel conseil donneriez-vous à un jeune manager qui cherche à bâtir une équipe solide et engagée ?
Pense à construire ton équipe autour d’un objectif commun, où chaque membre peut apporter sa valeur ajoutée sans avoir besoin de jouer des coudes. Au-delà des compétences et de l’expérience, accorde aussi beaucoup d’importance au profil social — l’intégration avec les autres membres. Un turnover important n’est jamais bon pour la gestion de l’équipe ou des clients. Il est donc essentiel de bien cerner les profils et d’anticiper comment ils interagiront avec le reste du groupe.
Les compétences et l’expérience, ça s’acquiert avec le temps. Si la personne est motivée et a une bonne tête, ça devrait bien se passer.
👾 Pour finir, si je vous dis : "la réussite, c’est avant tout une affaire d’équipe", que me répondez-vous ?
Seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin.
En vrai, je déteste être seul, donc j’ai toujours privilégié l’esprit d’équipe.

Benoît Joseph est un Belge originaire de Bruxelles, installé au Luxembourg depuis 2013. Diplômé de l’ICHEC, école de commerce bruxelloise, il débute sa carrière au sein de PwC Luxembourg avant de rejoindre une société de gestion tierce à taille humaine, comptant alors une douzaine de collaborateurs. Plus d’une décennie plus tard, cette structure s’est transformée : elle réunit désormais une cinquantaine de personnes, intégrée à un groupe de 300 collaborateurs. En tant que membre du comité de direction, Benoît contribue au développement de l’entreprise, avec une attention portée à la fois sur le marché local et les opportunités à l’échelle européenne. Marié à une Française et père de trois enfants, il cultive un équilibre entre vie professionnelle engagée et vie de famille.
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