Regards Croisés | Clément Trinquart & Alexis Colmant

Le débat autour de l’IA dans le recrutement est aussi animé que varié, oscillant entre optimisme technologique et scepticisme. Une statistique attire particulièrement l’attention : certaines entreprises utilisant des systèmes de recrutement basés sur l’IA ont vu une augmentation de 30% de la diversité dans leurs nouvelles embauches. Pour mieux comprendre cette affirmation, nous avons sollicité les avis de deux experts : Alexis et Clément.

👀 Alexis : Ah, ces débats incessants sur l’IA depuis l’arrivée de ChatGPT ! Sur LinkedIn, ça bouillonne de tous les côtés : experts autoproclamés, catastrophistes en série, et tout le reste. Mais aujourd’hui, parlons recrutement, IA et diversité. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que l’IA, même si elle a le potentiel de réduire certains biais, n’est pas « intelligente » au sens où on l’entend habituellement. Elle suit des instructions spécifiques, sans créativité. Pour qu’elle ait un impact positif sur la diversité, il est crucial qu’elle soit programmée pour ignorer les critères non pertinents comme le genre ou l’origine. Une IA bien configurée peut sélectionner des CVs uniquement sur la base des compétences requises, sans biais humain. Là où les recruteurs, influencés par leurs propres préjugés, peuvent passer à côté de talents, l’IA apporte de l’objectivité.

👁 Clément : Cette statistique ne m’étonne pas. L’IA, par définition, est conçue pour être objective et éliminer les biais. Elle évalue les candidatures uniquement sur la base des critères fournis, sans se laisser influencer par des éléments non pertinents comme l’apparence, l’origine ethnique ou le sexe. Les humains, avec leurs biais inconscients, peuvent être influencés par des préférences personnelles et des préjugés, souvent par souci de sécurité ou de rapidité. Par exemple, choisir un candidat qui ressemble à ses collègues peut sembler moins risqué et plus simple. En se concentrant sur les compétences, l’IA favorise naturellement une plus grande diversité.

👀 Alexis : Je suis d’accord, mais il faut aussi reconnaître que l’IA n’est pas parfaite. Si elle est nourrie de mauvaises données, elle peut reproduire les mêmes biais qu’elle est censée éliminer. L’IA peut traiter une grande quantité de données rapidement, mais elle ne remplace pas le jugement humain. Elle est un excellent outil pour la sélection initiale des candidats, mais le jugement humain reste essentiel pour évaluer l’adéquation culturelle et la capacité d’adaptation d’un candidat à une équipe spécifique.

👁 Clément :Je suis tout à fait d’accord, et c’est pour cela qu’il est essentiel que les systèmes d’IA soient entraînés avec des données diversifiées. Néanmoins, l’IA a statistiquement plus de chances d’être objective que les humains. Par exemple, certaines entreprises, comme Unilever, ont utilisé des algorithmes d’IA pour analyser des réponses et des jeux en ligne, conduisant à un recrutement plus diversifié et inclusif. Cela montre bien qu’avec une utilisation judicieuse, l’IA peut réellement changer la donne.

👀 Alexis : L’IA a ses forces, mais il ne faut pas oublier qu’elle doit être utilisée en complément du jugement humain. En fin de compte, c’est le recruteur qui doit faire le choix final, en s’appuyant sur des critères que l’IA ne peut pas toujours appréhender, comme les interactions humaines ou l’esprit d’équipe.

👁 Clément : Exactement. L’IA doit être vue comme un outil complémentaire qui aide à rendre le processus de recrutement plus juste et plus efficace. Elle se concentre sur les compétences et laisse de côté les préjugés, mais le jugement humain reste indispensable pour assurer que le candidat s’intègre bien dans l’équipe et corresponde à la culture de l’entreprise.

En conclusion...

👁 Clément : L’IA offre un potentiel énorme pour améliorer la diversité en éliminant les biais humains. Elle permet de repenser le recrutement de manière plus équitable.

👀 Alexis : Mais elle doit être utilisée en complément du jugement humain. L’IA bien intégrée, avec une évaluation humaine attentive, peut rendre le processus de recrutement plus inclusif. En combinant technologie et sensibilité humaine, on peut créer des environnements de travail à la fois diversifiés et équitables.


Clément TRINQUART est le CEO et co-fondateur de ClubTrust, l'agence de recrutement communautaire au Luxembourg. Ancien financier, il a passé 10 ans à explorer différents rôles dans la finance : audit, compliance, conseil et M&A. En 2021, il se lance dans l'entrepreneuriat avec une plateforme de réservation de séjours Detox. Il enchaîne ensuite avec la création de ClubTrust, visant à bâtir la première communauté de talents au Luxembourg. Clément est également l'animateur du podcast Talent Club.

Alexis COLMANT est un expert en ressources humaines et recrutement avec une riche expérience internationale, de Luxembourg à Singapour. Passionné par la technologie et l'IA, il a cofondé Aura HR, une startup innovante qui révolutionne les opérations RH grâce à un assistant virtuel propulsé par l'intelligence artificielle. Diplômé en droit du travail et fort d’une carrière impressionnante en gestion des talents et stratégie RH, Alexis a occupé des rôles clés chez des leaders du secteur comme Michael Page, Robert Half International et Sleek. Il est également passionné par le développement personnel, avec un intérêt marqué pour le sport et la musique.