

De la Kabylie à Montréal, puis au Luxembourg, Hakim a construit un parcours guidé par le mouvement et l’ouverture.
Aujourd’hui Partner en audit informatique, il se définit surtout comme un « citoyen du monde », façonné par les cultures qu’il a traversées.
Il revient ici sur son parcours, sa vision du leadership et ce qui le pousse à toujours sortir de sa zone de confort.
Pour celles et ceux qui ne te connaissent pas encore, comment te présenterais-tu en quelques mots ?
Professionnellement, je suis Partner chez Grant Thornton en audit informatique. Sinon, je me décrirais comme un « citoyen du monde ». J’ai la chance d’avoir beaucoup voyagé et découvert différentes cultures.
Ton parcours t’a fait passer par plusieurs pays et cultures. À quel moment as-tu compris que cette diversité allait devenir une vraie force pour toi ?
Je ne pense pas qu’il y ait eu un moment précis. Ça m’accompagne depuis toujours : de mon village natal en Kabylie, à Paris, Montréal, puis le Luxembourg. J’ai toujours évolué dans des environnements très variés. Avec le recul, je dirais que la diversité nourrit la résilience. Comme Lavoisier : « rien ne se perd, tout se transforme ». Chaque épreuve renforce.
Arriver au Luxembourg sans vraiment le connaître, sans attentes particulières : avec le recul, qu’est-ce que cette posture t’a apporté ?
On me demandait souvent pourquoi quitter le Canada pour le Luxembourg. C’est un petit pays, mais très dynamique et connecté. J’y ai fait de belles rencontres, beaucoup appris, voyagé aussi. Cette expérience m’a fait grandir, autant personnellement que professionnellement. C’est peut-être ça, le « Luxemburgish Dream ». (Même si je ne parle toujours pas la langue…)
Tu as souvent choisi le challenge plutôt que la stabilité. Qu’est-ce qui te pousse à sortir de ta zone de confort ?
Il y a une vraie satisfaction à s’adapter à l’inconnu. Un peu comme dans le sport : après l’effort, il y a ce sentiment d’accomplissement.
En quoi ton parcours multiculturel influence-t-il ta manière de travailler et de manager ?
L’identité est dynamique, en constante évolution. On est influencé par les cultures qu’on traverse. J’essaie d’en tirer le meilleur selon les situations, assez instinctivement. Je serais d’ailleurs curieux de savoir si mon équipe le ressent aussi.
Tu évolues dans un environnement très technique. Comment restes-tu accessible malgré la complexité des sujets ?
L’informatique évolue sans cesse, et j’apprends tous les jours. C’est ce qui rend ce métier passionnant. La clé, c’est la vulgarisation. J’adapte mon discours, je donne des exemples concrets.
J’encourage aussi le dialogue pour instaurer un climat de confiance et lever les barrières techniques. Le partage est essentiel : chacun progresse, quel que soit son niveau. Et j’apprends moi-même beaucoup des profils juniors.
Construire une équipe et une activité presque from scratch, qu’est-ce que ça t’a appris ?
Ça m’a permis d’affirmer mon leadership, sans doute influencé par le sport collectif. J’ai appris à fédérer des profils différents autour d’une vision commune.
Le leadership, ce n’est pas seulement diriger : c’est aussi écouter, valoriser, responsabiliser. J’encourage mon équipe à prendre des initiatives. L’erreur n’est pas un problème, c’est la façon de rebondir qui compte.
La transmission semble importante pour toi. Qu’essaies-tu de transmettre aux plus jeunes ?
Oui, c’est essentiel. Au-delà des compétences techniques, ce sont surtout les valeurs qui comptent. Le modèle des cabinets de conseil favorise cette transmission.
Je suis curieux de voir comment elle évoluera avec l’essor de l’intelligence artificielle.
Avec ton regard international, comment perçois-tu le Luxembourg aujourd’hui ?
Malgré sa taille, c’est un pays plein d’opportunités. On le voit avec les projets d’infrastructure en cours.
Mais il reste des défis pour attirer les jeunes talents : coût de la vie, accès au logement, et une image parfois encore trop « corporate ».
Y a-t-il une décision inconfortable qui a marqué ton parcours ?
Toutes les décisions inconfortables — comme les changements de pays — ont été structurantes. Elles m’ont confronté à d’autres façons de travailler et de décider.
Qu’est-ce qui t’anime encore aujourd’hui ?
La conviction que rien n’est jamais acquis. J’apprends tous les jours, techniquement et humainement.
Ce qui me motive, c’est la transmission. Voir les autres progresser, savoir que j’y ai contribué, même modestement.
Un fun fact ou une anecdote peu connue ?
Je ne sais pas si c’est « fun », mais je suis passionné d’histoire. Regarder en arrière aide à avancer.
J’aime particulièrement l’Antiquité. Lors d’un récent voyage dans les Aurès, en Algérie, j’ai visité le mausolée du roi numide Imedghacen, datant du IVᵉ siècle avant J.-C. Fascinant de voir ces lieux traverser le temps.


Hakim MEZIECHE cumule plus de 16 ans d’expérience en audit informatique et gestion des risques IT. Il intervient sur des environnements complexes, avec une expertise en cybersécurité, contrôle interne IT et conformité réglementaire.
Fort d’un parcours international, notamment dans le secteur bancaire, il accompagne aujourd’hui au Luxembourg des institutions financières et des entités réglementées.
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