La chronique de... | Aurélia Roncali : Comment “hacker” son cerveau pour passer (enfin) à l’action

On aime croire qu’on contrôle nos choix. Que nos décisions sont rationnelles, conscientes, réfléchies. Et pourtant… notre cerveau décide souvent bien avant nous.

Dans cette nouvelle chronique, Aurélia nous emmène là où tout commence : dans les mécanismes invisibles qui influencent nos comportements au quotidien. Et surtout, elle nous montre comment reprendre la main.

Ton cerveau prend des décisions… jusqu’à 10 secondes avant même que l’information n’arrive à ta conscience. Fascinant, non ?

Heureusement, il existe quelques leviers pour apprendre à “hacker” son cerveau. Et c’est exactement ce dont j’ai envie de te parler dans cette chronique.

Nos décisions sont influencées par notre histoire, nos croyances, nos valeurs, nos ressentis…

Mais il y a une chose essentielle à comprendre : le cerveau n’a pas pour mission de te rendre heureux, ni même de te faire réussir. Son rôle premier, c’est ta survie.

Et comme il consomme près de 20 % de ton énergie (ce qui est énorme pour seulement 1,5 kg), il cherche en permanence à économiser. Pour ça, il simplifie, automatise, crée des raccourcis. Ce que j’aime appeler des “autoroutes neuronales”.

Et c’est là que ça devient intéressant. Parce que oui, tu peux agir dessus en pleine conscience.

Quand j’ai découvert ça, j’ai réalisé que je le faisais déjà… sans le savoir. Sauf qu’aujourd’hui, je l’utilise volontairement pour faire des choix plus alignés avec qui je suis et aller beaucoup plus loin.

Personnellement, je m’en sers presque tous les jours.

🧠 Pourquoi ton cerveau te bloque

Ton cerveau emprunte toujours les chemins qu’il connaît déjà pour éviter de dépenser trop d’énergie.

Mais comment se construisent ces fameuses “autoroutes” ?

Au départ, ce n’est qu’un petit sentier dans les bois, à peine visible. Puis, à force d’y passer, le chemin se dessine. La végétation disparaît, le passage devient plus simple, plus rapide… jusqu’à devenir une route.

Et avec suffisamment de répétition : une autoroute.

Ces chemins ne se créent jamais par hasard. Ils se construisent à travers ton environnement, ton éducation, ce que tu entends, vois, lis… les personnes qui t’entourent.

Autrement dit : ton conditionnement.

Le vrai sujet devient donc celui-ci : comment construire ces autoroutes de manière consciente ?

Depuis que j’ai compris ce mécanisme, j’aime utiliser mon cerveau comme un allié, sans forcément faire plus d’efforts.

Oui, j’aime “hacker” mon cerveau consciemment.

Et pour te montrer concrètement comment, voici trois exemples.

🧠 HACKING #1 – Reprogrammer ses croyances

Je vais te partager quelque chose de très personnel.

À 16 ou 17 ans, pendant près de deux ans, j’ai évolué dans un environnement où les remarques misogynes étaient quotidiennes. Blagues déplacées, stéréotypes… et surtout un professeur de mathématiques qui a fini par me faire douter de mes propres capacités.

Un jour, il m’a dit très clairement que je ne réussirais jamais des études d’ingénieur. Que ce n’était “pas fait pour moi”.

Et pourtant, au fond de moi, quelque chose résistait.

Je savais que c’était ce que je voulais.

Alors, instinctivement, j’ai fait ce que beaucoup de sportifs de haut niveau font : je me suis conditionnée à croire que c’était possible.

J’ai continué à travailler, mais surtout, j’ai nourri cette conviction malgré tout le reste.

Cinq ans plus tard, je devenais ingénieure. Sans redoubler. Sans examen de rattrapage.

À l’époque, je ne connaissais pas encore la PNL.

Mais avec du recul, je comprends que j’avais déjà commencé à reprogrammer mes propres schémas simplement par ma volonté.

🧠 HACKING #2 – Agir sur son environnement

Si tu veux orienter ton cerveau, sois attentif à ce que tu lui donnes à “manger”.

En PNL, ton environnement, ce sont les personnes que tu fréquentes, ce que tu lis, ce que tu écoutes…

Ton cerveau traite des millions d’informations chaque seconde. Mais seule une infime partie atteint ta conscience, car il filtre tout ce qu’il considère inutile à ta survie.

Tu ne contrôles pas ce que ton cerveau sélectionne.

En revanche, tu peux contrôler ce que tu lui envoies.

Personnellement, il y a presque dix ans, j’ai décidé que je voulais construire une vie plus joyeuse et plus heureuse.

Mes premiers choix ont été simples :

Presque supprimer la télévision.

Réduire au maximum l’exposition aux nouvelles négatives.

Choisir des livres qui me divertissent tout en m’apprenant quelque chose.

Écouter des podcasts et de la musique qui m’élèvent.

M’entourer de personnes positives qui m’inspirent.

Ce n’est ni du hasard, ni une posture “tout est beau”.

C’est un choix stratégique.

J’aide simplement mon cerveau à identifier ce qui compte réellement pour moi, en lui envoyant des signaux cohérents et répétés.

En résumé : je le nourris en permanence avec ce qui sert mes objectifs.

Évidemment, ma vie n’a pas changé uniquement grâce à ça.

Mais j’ai utilisé un levier puissant et accessible.

Car plus tu répètes certaines habitudes, plus tu renforces certaines autoroutes neuronales.

Et à force, ton cerveau finit par chercher naturellement dans cette direction.

🧠 HACKING #3 – Visualisation et hypnose

Troisième levier, très utilisé par les sportifs de haut niveau : la visualisation.

Le cerveau ne fait pas toujours la différence entre ce que tu vis réellement… et ce que tu imagines intensément.

Tu l’as sûrement déjà vécu.

Un rêve tellement réel qu’au réveil, pendant quelques secondes, tu crois que tout s’est vraiment passé.

Tu peux utiliser ce mécanisme à ton avantage.

Avant une situation qui te challenge, visualise-la avec le plus de détails possible.

Mobilise tes cinq sens.

Observe ce qu’il y a autour de toi.

Écoute les sons.

Ressens ce qui se passe dans ton corps.

Sens les odeurs.

Projette-toi complètement.

Plus c’est précis, plus c’est efficace.

Personnellement, j’utilise souvent l’hypnose ou la visualisation.

Il y a deux ans, j’ai dû faire un pitch de cinq minutes en anglais, chronométré, sur scène, devant des inconnus.

Autant dire : grosse zone d’inconfort.

Et le cerveau déteste l’inconnu.

Face à ça, il fait quoi ?

Il anticipe le pire. Il crée du stress.

Alors avant ce moment, en auto-hypnose, j’ai répété mentalement la scène.

J’entendais mes talons sur la scène.

Je voyais la salle plongée dans le noir.

Je sentais mes doigts replacer ma mèche de cheveux.

Je vivais littéralement l’instant.

Résultat ?

L’inconnu avait disparu.

Et avec lui, une grande partie du stress.

Le jour J, mon cerveau avait déjà vécu la situation.

Je suis montée sur scène sereinement… et mon pitch s’est parfaitement déroulé.

🧠 Ce que j’avais envie de te dire aujourd’hui

Tu ne bloques pas par manque de capacités.

Tu bloques souvent parce que ton cerveau cherche à te protéger, à partir de schémas qu’il a construits au fil de ton histoire.

Et la bonne nouvelle, c’est que ces schémas ne sont pas figés.

“Hacker” son cerveau, ce n’est pas le contrôler ni lutter contre lui.

C’est comprendre son fonctionnement pour arrêter d’aller contre lui… et commencer à avancer avec lui.

Avec toute sa puissance.

J’aime souvent dire :

Changer, ce n’est pas devenir quelqu’un de différent.

C’est enfin être aligné avec qui JE SUIS vraiment.

Dans la prochaine chronique, je te partagerai des exercices concrets de PNL pour passer à l’action… même quand tout semble bloqué.


Aurélia RONCALI fait partie de ces profils qui aiment connecter les mondes. Ingénieure de formation, passionnée par les sciences, la technologie et les neurosciences, elle a construit un parcours riche entre analyse, gestion de projet et transformation au sein du secteur financier luxembourgeois.

Aujourd’hui change manager et coach dans le secteur de la coopération, elle accompagne les équipes dans leurs évolutions, avec une conviction simple : aucune transformation durable ne se fait sans l’humain.

Portée par l’énergie du collectif et fascinée par les mécanismes de progression, elle aime accompagner aussi des personnes dans leur développement personnel et imagine déjà la suite, avec un projet autour de la préparation mentale dans le sport.

Sa boussole ? Aider chacun à avancer en restant profondément aligné avec soi-même.