Possible@Lux | Possible ou pas d’aimer la stabilité tout en ayant besoin de bouger ?

Stabilité ou mouvement ? Pour Bertrand, ce n’est pas un choix, c’est un équilibre. Il aime construire, s’impliquer, transmettre… puis sentir quand il est temps de bouger. Dans cette chronique personnelle, il déconstruit le mythe de la fidélité à vie et partage sa propre boussole : celle d’un parcours fait de cycles, de sens et d’élan.

À première vue, ça peut sembler paradoxal. Et pourtant, les deux vont très bien ensemble.

Je ne sais pas si, aujourd’hui, beaucoup de gens ont encore envie de faire toute leur carrière dans la même entreprise. Certains, sûrement. Mais j’ai l’impression que ce modèle, très ancré dans les générations précédentes, séduit de moins en moins.

Personnellement, je n’ai ni idéalisation ni jugement à ce sujet. Je peux admirer celles et ceux qui restent longtemps dans une boîte, sans pour autant en avoir envie moi-même.

Ni girouette, ni marié à l’entreprise… juste partenaires pour un bout de chemin commun !

Quand j’étais plus jeune, je voyais les choses de manière très binaire :
Changer trop souvent (moins de 5 ans), c’était être une girouette.
Rester trop longtemps (plus de 10 ans), c’était se marier à la boîte.


Mais avant de pouvoir choisir, encore fallait-il évoluer, monter un peu dans l’organigramme.

Et pour ça, il faut du temps. Il faut apprendre à connaître l’entreprise, en comprendre les rouages, capitaliser sur ses apprentissages, transmettre… bref, s’ancrer.
Plus on monte, plus on s’attache — parfois sans même s’en rendre compte.

Un besoin de stabilité pour… travailler pour l’avenir

J’ai besoin d’un cadre stable pour construire sur le long terme.
Un poste, des collègues, une mission claire, un rôle dans l’équipe.


J’aime comprendre comment ça fonctionne, décortiquer les process, apporter de la clarté là où c’est flou. Pas pour me rendre indispensable, mais pour structurer ce qui ne l’est pas, et laisser une trace utile à celles et ceux qui viendront après.

Un de mes CEO appelait ça “travailler pour l’avenir” — et je trouve que c’est une très belle façon de voir les choses.

Un besoin de bouger… tous les 7 ans !

C’est un peu le hasard, mais ce chiffre revient souvent dans mon parcours.
Tous les 7 ans, quelque chose se passe :

  • la fin d’un cycle,

  • des petits irritants qui s’accumulent,

  • une routine qui s’installe,

  • une envie de nouveauté,

  • ou simplement la sensation que l’entreprise et moi ne faisons plus le même chemin.

Je me souviens d’un collègue qui m’a dit un jour : « Ma vie tient dans un sac de sport. »
C’était sa manière de m’expliquer pourquoi il partait. Et cette phrase m’est restée.
Quand on en arrive là, le besoin de mouvement devient évident.

Stabilité + mouvement ? Oui, c’est possible — et même sain !

Avec le recul, ce rythme me convient parfaitement.
7 ans, c’est suffisant pour s’investir pleinement, créer de l’impact, transmettre.
Et juste assez pour ne pas s’installer dans une forme de confort qui fige.

Avant que l’habitude ne prenne le dessus, l’envie de bouger revient avec son lot de positif : envie de recommencer, de découvrir, d’apprendre, de retrouver du sens.

Alors oui, bouger, c’est parfois renoncer à certains avantages ou à une reconnaissance construite. Mais si on a confiance en sa capacité à reconstruire ailleurs, on gagne bien plus qu’on ne perd.

Rester trop longtemps, c’est confortable. Partir au bon moment, c’est courageux. À chacun son défi ! 🙃


Bertrand Cianferani est un Lorrain aux racines corses, frontalier reconnaissant envers le Grand-Duché. Fort de 26 années d’expérience dans le secteur de l’assurance-vie, il se définit par son goût pour l’action, la construction et le mouvement. Il aime conjuguer force et souplesse, alliant des convictions solides à une curiosité sans cesse renouvelée. Sa pensée structurée s’accompagne toujours d’une ouverture d’esprit qu’il cultive avec exigence.