

Jongler entre un job à temps plein et une activité de traiteur événementiel, c’est un sacré numéro d’équilibriste. Mais pour Hadrien Bertrand, passionné de vin et entrepreneur dans l’âme, tout est une question d’organisation, de rencontres décisives, et de volonté. Dans cette interview, il partage avec nous les dessous de Maison Bertrand, son aventure entrepreneuriale centrée sur les vins bios et les dégustations inclusives, et les leçons qu’il a tirées en transformant une passion en métier.
🍷 Qu’est-ce qui t’a donné le déclic pour lancer ton activité de traiteur en plus de ton job principal ? En tout premier lieu, avant de se lancer, je crois qu’il faut être passionné, habité par le sens ou l’objectif de son projet. J’ai, depuis de longues années, nourri ma passion pour le vin au travers de rencontres et de voyages. Mais surtout, ce qui m’a donné le déclic, c’est une rencontre. Je n’ai pas la prétention de détenir les clés de la réussite, mais selon moi, savoir s’entourer est primordial. Cette rencontre, c’est mon associé Romain : un entrepreneur, un vrai, un "arracheur" de projets, optimiste, réaliste, et avec un grand sens de l’anticipation. Il y a deux ans, tout est devenu clair, comme une évidence. Nous sommes passés à l’action et avons créé Maison Bertrand, qui s’est rapidement spécialisé dans l’événementiel en proposant des dégustations avec un gros focus sur les vins bios et en biodynamie, mais aussi des boissons gourmandes sans alcool, pour penser à tout le monde et être 100 % inclusifs.
🍷 Comment t’organises-tu au quotidien pour jongler entre deux casquettes sans y laisser des plumes ? Il a fallu rapidement instaurer une rigueur. J’aime citer un humoriste belge que j’adore, François Damiens : « La fantaisie est une rigueur du quotidien. » Pour pouvoir assurer et développer l’activité de Maison Bertrand tout en continuant à délivrer un travail de qualité en tant que conseiller économique à l’Association des Compagnies d’Assurance (ACA), il a fallu optimiser mon temps et avancer l’heure du réveil. Debout à 5h pour déblayer la "to-do", enchaîner à 7h avec les enfants, manger sur le pouce à midi, puis aller livrer un client ou rencontrer un partenaire (fromager, chocolatier, restaurateur, etc.).
🍷 Quel a été le plus gros challenge auquel tu as dû faire face depuis le lancement ? Clairement, le mois de novembre 2024 a été le plus compliqué à gérer. En parallèle, il y avait ma volonté sans faille de quitter mes fonctions à l’ACA en ayant délivré tout le travail demandé, tout en préparant la transition. En même temps, j’étais 100 % investi dans la préparation des cadeaux de fin d’année et des événements à venir. La fin d’année est la période la plus importante dans le monde du vin, propice aux cocktails et wine tastings entre collègues, partenaires, etc.
🍷 Avec le recul, y a-t-il des choses que tu aurais faites autrement pour faciliter le démarrage ? C’est toujours facile de revenir après coup sur les succès et les échecs. Il y a plein de choses que je ferais différemment si je devais recommencer. Pour autant, je suis ravi, et même fier, d’avoir fait toutes ces erreurs, car elles m’ont permis d’apprendre beaucoup de choses. In fine, le plus important, c’est de croire en ce que tu fais et de jouer tous les ballons comme dans une finale de Coupe du Monde. Les échecs font partie du jeu, et surtout, ils sont une source précieuse d’apprentissages. Il faut savoir tirer les leçons et avancer. Il est aussi crucial de ne pas regarder derrière soi, mais toujours devant, en se concentrant sur les projets et enjeux à venir.
🍷 Ta vie perso, elle en a pris un coup ? Quels compromis as-tu dû faire pour que ça marche ? La question qui tue ! J’ai déjà connu un divorce et je m’efforce de ne pas revivre cette situation difficile. Marié depuis près de 10 ans avec ma femme Sonia, il n’était pas envisageable qu’elle ne soit pas à 100 % derrière moi. Elle est mon pilier et mon soutien indéfectible. Dans l’ombre, elle est souvent la clé pour dénouer des situations difficiles et complexes.
🍷 Est-ce que tu as pu compter sur ton entourage dans cette aventure ? Un mentor ou des alliés t’ont-ils aidé à surmonter certains obstacles ? Lors de l’annonce de mon choix de me lancer dans l’aventure Maison Bertrand, les réactions dans mon entourage ont été mitigées. Il y avait les optimistes qui m’ont poussé dès le début, et les pessimistes qui ont cherché à me mettre en garde, insistant sur les avantages de la vie salariée que j’allais laisser derrière moi. Mes mentors ? Ma femme Sonia et mon associé Romain, qui sont des sources d’inspiration constantes. Et bientôt, cette liste va s’allonger avec l’arrivée d’un nouvel associé/mentor… surprise à suivre !
🍷 Y a-t-il un moment de fierté ou une réussite qui t’a particulièrement marqué et donné envie de continuer ? Un client heureux, c’est la plus belle des récompenses. Dans le monde du vin et de l’événementiel, il faut sentir les envies et décrypter les goûts de chaque client. Quand vous y arrivez et que vous voyez votre client ravi, ainsi que ses invités, on ne peut qu’être satisfait.
🍷 Que t’a apporté cette expérience de créateur de business dans ta carrière principale ? Des compétences ou des perspectives nouvelles ? J’aurai mis 15 ans (j’ai 40 ans aujourd’hui) à trouver le métier que je souhaite vraiment faire. Cela dit, je ne serais pas là aujourd’hui sans toutes mes expériences passées : apprendre à se dépasser, sortir de sa zone de confort, délivrer des reportings dans des délais serrés, animer des groupes de travail ou jouer le rôle de maître de cérémonie lors de l’ACA Insurance Day devant plus de 700 personnes. C’est bien la somme de toutes ces expériences, conjuguée à ma passion pour le vin, qui me permet de relever ce nouveau défi.
🍷 Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui rêve de lancer son projet en parallèle de son job ? Des erreurs à éviter absolument ? Savoir s’entourer, mais surtout commencer et lancer son projet, même sur un scope limité au début. Comme beaucoup, j’ai fait l’erreur de vouloir tout anticiper avant de commencer. On cherche à se rassurer, à mitiger les risques, mais si on attend trop longtemps, on se paralyse, et tout le projet peut en pâtir. Il faut réussir à trouver le bon équilibre entre préparation et prise de risque. Le mieux, c’est d’avoir dans ton entourage quelqu’un qui te pousse à sauter du pont, une fois que tu as bien vérifié que tu avais accroché l’élastique.
🍷 Où vois-tu ton business de traiteur dans le futur ? Tu envisages d’en faire ton activité principale un jour ? Très concrètement, ce sera chose faite le 1er décembre. Ou tout du moins, lundi 2 décembre sera le premier jour de ma nouvelle vie. Maison Bertrand deviendra alors mon activité principale. À court terme, l’objectif est que mes contacts m’identifient comme un professionnel du vin. En parallèle, il y aura un gros travail de mise en place de processus, d’élargissement de notre réseau de partenaires et de définition de notre stratégie de communication. Sur le long terme, ce seront les rencontres et les opportunités qui guideront l’évolution de Maison Bertrand pour offrir ce que nous faisons de mieux : des expériences gustatives uniques, du partage, et surtout, beaucoup de plaisir et de bonne humeur.

Hadrien BERTRAND, est conseiller économique à l'Association des Compagnies d'Assurance (ACA) depuis plus de cinq ans. Fort d'expériences enrichissantes dans le secteur financier et plus précisément le secteur des assurances, il a décidé de se lancer un nouveau défi en fondant Maison Bertrand, une entreprise spécialisé dans l’événementiel autour vin, avec un offre originale de vins bio et boissons gourmets sans alcool qui séduit déjà de grand noms du secteur financier, dont les Big Four.À partir du 1er décembre, il se consacre pleinement à cette aventure entrepreneuriale, prêt à insuffler son expertise et son énergie pour faire briller Maison Bertrand dans tout Luxembourg.
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