

L’ambition selon Thomas Chalant : moteur ou frein ? C’est quoi, au juste, l’ambition ? Peut-on en avoir trop, ou pas assez ? Pour inaugurer cette nouvelle chronique, Thomas Chalant, entrepreneur audacieux et fondateur de Comber, nous partage sa vision. Entre défis, prises de risques et rêves à concrétiser, découvrez comment il donne du sens à l’ambition dans son parcours.
💫 Nous avons créé WeAre en septembre 2024 avec l’ambition de rassembler une communauté autour des sujets people, entrepreneuriat et innovation. Comment définirais-tu une communauté et qu’est-ce qu’elle t’apporte ?
Pour moi, une communauté, c’est avant tout un espace d’échange où des personnes partageant des valeurs, des centres d’intérêt et des objectifs communs se rencontrent. C’est un cadre où l’on peut se nourrir des expériences des autres, confronter ses idées, tester ses approches et, quelque part, se rassurer dans son parcours entrepreneurial.
En tant qu’entrepreneur, on avance souvent avec des intuitions, mais on a besoin de feedback, de confrontation bienveillante. Une communauté permet de voir si notre vision tient la route, d’observer comment les autres réagissent à nos choix de gestion, d’innovation ou de leadership.
Avec le temps, je me rends compte que mes meilleurs partenaires — qu’ils soient clients ou fournisseurs — sont ceux avec qui j’ai noué une relation qui dépasse le simple cadre contractuel. Ce n’est pas forcément de l’amitié au sens classique du terme, mais il y a une vraie connexion humaine : de la confiance, un partage d’informations transparent et une envie réciproque de réussir ensemble.
💫 Quel rôle joue l’ambition dans ta vie aujourd’hui, et comment as-tu appris à la canaliser ?
Je n’ai jamais perçu l’ambition comme un moteur assumé. En Europe, on a souvent une relation compliquée avec l’ambition, la réussite ou même l’argent. Ce n’est qu’en voyageant, notamment en Chine, que j’ai pris conscience de cette différence culturelle.
Pourtant, avec du recul, j’ai toujours eu cette envie de progresser. Pas seulement en termes de salaire, mais dans mon impact et mon influence sur les entreprises où j’ai travaillé. J’ai toujours voulu être force de proposition, jouer un rôle clé dans la stratégie et l’évolution des structures.
Quand j’ai lancé Comber en 2022, c’était une décision ambitieuse, mais aussi un pari sur moi-même. J’ai senti que si je ne le faisais pas à ce moment-là, je ne le ferais sans doute jamais. Passé 40 ans, on perd peut-être un peu de ce grain de folie qui pousse à se lancer sans trop calculer.
Comment je canalise cette ambition ? Elle se régule d’elle-même par des réalités très pragmatiques : il faut que chaque projet soit viable financièrement. Mais j’ai aussi des garde-fous essentiels : mon épouse et mon associé. Même si je suis têtu, j’écoute et j’essaie toujours de challenger mes décisions à travers leurs regards.
💫 Peux-tu nous raconter un moment où tu as suivi une ambition qui t’a sorti(e) de ta zone de confort ?
Il y a eu plusieurs moments marquants dans mon parcours, mais deux en particulier ont véritablement bousculé mes repères.
En 2012, à seulement 26 ans, j’ai pris la tête du département logistique chez Fixmer, avec plus de 150 personnes sous ma responsabilité. À l’époque, je n’avais que deux ans d’expérience, et ce fut mon premier véritable défi de leadership. Les journées étaient interminables, et pendant deux ans, j’ai vécu exclusivement pour le travail. Aujourd’hui encore, je garde peu de souvenirs de vacances ou de moments de détente de cette période. En revanche, je me souviens avec fierté des projets que nous avons menés à bien. Cette expérience a été une école de rigueur et de résilience. Je suis profondément reconnaissant envers Michel Thilmant, qui m’a accordé sa confiance et m’a donné cette opportunité qui a façonné ma carrière.
En 2022, j’ai pris un autre pari audacieux : quitter un poste confortable, avec un bon salaire, une voiture de fonction, des avantages et une stabilité pour créer Comber. Quand on avance dans la vie, il devient de plus en plus difficile de faire marche arrière. Les responsabilités s’accumulent : une maison, une famille, des engagements financiers… Se lancer dans l’entrepreneuriat, c’était accepter de repartir de zéro, en pleine conscience des risques. Beaucoup font ce saut sous la contrainte, après une perte d’emploi, par exemple. Moi, j’ai choisi de le faire en connaissance de cause. C’est une décision qui demande une vraie introspection, un mélange de courage et de conviction.
Ces deux moments ont été des tournants majeurs : l’un m’a appris à gérer la pression et à m’affirmer en tant que leader, l’autre m’a appris à écouter mon instinct et à suivre ma propre voie.
💫 Y a-t-il une ambition ou un rêve que tu n’as pas encore osé concrétiser ?
Oui, partir en voyage à la voile en famille pendant au moins deux mois. Se couper du monde, sans PC, sans téléphone, loin du tumulte du quotidien. Juste l’océan, le vent, et du temps pour soi et pour les siens.
Ce rêve, c’est bien plus qu’une simple escapade. C’est une parenthèse hors du temps, un retour à l’essentiel, une aventure où chaque jour est dicté par les éléments et non par des impératifs professionnels. C’est aussi un défi : apprendre à ralentir, à savourer l’instant, à vivre autrement.
Je sais qu’un jour je le ferai. Mais comme tout projet ambitieux, il demande du temps, de l’organisation et, surtout, le courage de mettre en pause le quotidien. Peut-être que ce n’est qu’une question de timing…
💫 Si un photographe capturait ton rêve pour 2025 en une image, que verrait-on ?
Une croissance à deux chiffres au Luxembourg. Parce que voir Comber et les PME locales exploser, c’est ça le vrai kiff !
💫 Qu’est-ce que nos lecteurs seraient surpris d’apprendre sur toi ou sur la façon dont tu nourris tes ambitions ?
Je carbure à la reconnaissance. Prouver qu’un “mauvais élève” avec un bac+3 peut faire aussi bien (voire mieux !) qu’un major de promo avec un MBA, c’est mon moteur.
💫 Est-ce que ton ambition a déjà été mal comprise par ton entourage ? Comment l’as-tu vécu ?
Pas vraiment mal comprise… Plutôt attendue ! Beaucoup n’ont pas été surpris que je me lance.
Par contre, ce qui me touche vraiment, c’est quand on doute de ma capacité à réussir. J’ai toujours un plan B (et C), mais qu’on me demande si j’ai prévu un filet de sécurité… ça m’agace.
💫 Y a-t-il une personne ou une expérience qui a profondément marqué ta façon de voir l’ambition ?
Ce qui m’a profondément marqué, c’est de voir certains collègues s’approprier tout le mérite d’un projet individuel ou d’une réussite collective. L’ambition individuelle, quand elle écrase le travail des autres, peut être terriblement démotivante.
J’ai vu des talents se décourager, des équipes perdre en engagement à cause de cette dynamique toxique. C’est précisément ce que je refuse chez Comber : ici, la réussite est collective, le mérite se partage, et chacun doit être reconnu pour sa contribution. C’est comme ça qu’on avance, ensemble.

Fort d'une expérience de plus de 15 ans dans le secteur de la logistique, Thomas CHALANT est le fondateur visionnaire de Comber, une jeune entreprise en pleine expansion qui a vu le jour en septembre 2023. Expert en optimisation d’entrepôts, relocalisation de sites, et solutions logistiques sur mesure, il se distingue par son approche innovante et son engagement auprès de ses clients. À la tête de Comber, Thomas allie flexibilité, performance et service de qualité pour accompagner ses partenaires à chaque étape de leur chaîne logistique.
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