WeAre...Bold | Nathalie Salagnac

Et si l’audace n’était pas un grand saut, mais une série de petits pas ?

Dans cette chronique, Nathalie partage son chemin : des premières peurs face au changement jusqu’aux décisions qui l’ont amenée à tout remettre en question pour créer une vie plus alignée.

🔥 Quel est le choix le plus audacieux que tu aies fait dans ta vie ? Qu’est-ce qui t’a poussée à oser ?

Le choix le plus audacieux que j’ai fait a été de quitter un travail stable, avec un bon salaire, pour me lancer dans une reconversion professionnelle et créer ma propre structure. Je travaillais comme manager dans le domaine de la comptabilité et j’ai décidé de m’orienter vers la formation et l’accompagnement des managers.

Ce changement important m’a fait passer d’une situation très sécurisée à une situation beaucoup plus incertaine.

Mais au fond de moi, je ne vibrais plus dans ce que je faisais. J’avais le sentiment de ne plus trouver de véritable utilité dans mon travail et je sentais que je pouvais apporter bien plus que ce que l’on me permettait de faire.

J’ai ressenti le besoin de me reconnecter à ce qui avait du sens pour moi : les relations humaines, les échanges sincères et l’accompagnement des autres. Dans cette même démarche, je me suis également engagée comme bénévole à la Croix-Rouge. C’était une manière très concrète de contribuer et de retrouver ce sentiment d’utilité qui me manquait.

C’est d’ailleurs de cette quête de sens qu’est né le nom de ma société, LeoSens, avec l’idée de montrer que l’humain est justement l’un des meilleurs leviers de performance et que ces deux notions ne sont pas incompatibles, contrairement à ce que l’on peut souvent croire.

🔥 As-tu toujours été quelqu’un d’audacieux ou est-ce une qualité que tu as développée avec le temps ?

Pas du tout. Au contraire, j’étais quelqu’un qui avait très peur du changement. Petite, le moindre bouleversement m’angoissait : changer de classe, déménager, modifier mes habitudes… tout cela me déstabilisait énormément.

Je dirais que l’audace est venue beaucoup plus tard, il y a environ quatre ans, à la suite de mon divorce. À ce moment-là, j’ai dû apprendre à être seule. Jusqu’alors, j’étais passée directement du cadre familial à la vie de couple, sans vraiment avoir ce temps pour moi.

Cette période m’a obligée à me retrouver face à moi-même et à apprendre à avancer différemment. Petit à petit, j’ai commencé par de très petites choses : aller me balader seule, partir en vacances seule et surtout prendre le temps de réfléchir à ce que j’aimais vraiment et à qui j’étais réellement.

Ce sont des changements qui peuvent sembler simples, mais qui ont eu un impact profond. En apprenant à m’écouter davantage et à avancer seule, j’ai pris confiance. Et finalement, ce sont ces petits pas qui ont ouvert la voie à des décisions beaucoup plus importantes par la suite.

🔥 Quel est, selon toi, le plus grand frein qui empêche les gens d’oser ? Comment as-tu surmonté tes propres peurs ?

Je pense que le principal frein est la peur de l’inconnu. On sait ce que l’on a aujourd’hui, même si ce n’est pas parfait, mais on ne sait jamais vraiment ce que l’on va trouver de l’autre côté.

Il y a une forme de confort dans les situations que l’on connaît. Même quand on s’en plaint, elles restent familières, alors que l’inconnu peut sembler beaucoup plus risqué.

De mon côté, j’ai surmonté ces peurs progressivement. Je me suis rendue compte qu’à chaque fois que j’osais quelque chose de nouveau, cela m’apportait bien plus que ce que j’imaginais.

À force d’expériences, j’ai réalisé que le changement pouvait aussi être une source d’énergie et d’apprentissage.

🔥 T’es-tu déjà lancée dans un projet ou une aventure que tout le monde trouvait trop risquée ? Comment cela s’est-il passé ?

Je ne dirais pas que les gens trouvaient cela trop risqué. En revanche, certaines initiatives que j’ai prises pouvaient paraître assez atypiques dans l’environnement dans lequel j’évoluais.

Je travaillais dans un univers très orienté chiffres et production, où chacun est naturellement très concentré sur ses dossiers. De mon côté, j’avais envie de consacrer davantage de temps au management et à la dynamique d’équipe : proposer des formations en interne, développer des moments de cohésion ou encore organiser un événement client.

Ce n’était pas forcément l’approche la plus habituelle, mais cela correspondait à ma manière de voir le rôle d’un manager. J’ai toujours eu tendance à poser des questions, à proposer des idées et à essayer de faire évoluer certaines pratiques.

Avec le recul, je me rends compte que ces initiatives ont beaucoup contribué à construire ma vision du management et ont finalement nourri la création de LeoSens.

🔥 L’audace, c’est aussi accepter l’incertitude. Comment fais-tu pour avancer même quand rien n’est garanti ?

Ce n’est pas toujours facile, bien sûr. Il y a des moments de doute, comme dans tout projet.

J’essaie simplement de me rappeler pourquoi je le fais et aussi que, par le passé, chaque fois que j’ai osé essayer quelque chose de nouveau, cela m’a apporté quelque chose de positif : une expérience, une rencontre ou une opportunité.

J’essaie de voir chaque pas en avant comme un apprentissage. Je me dis qu’en osant, soit cela fonctionne et c’est génial, soit cela ne fonctionne pas et je pourrai en tirer une leçon qui me permettra de m’améliorer. Dans tous les cas, je suis gagnante.

Avec le temps, j’ai aussi appris à me détacher davantage du regard des autres. Aujourd’hui, ce qui compte pour moi, c’est d’être en accord avec moi-même. Si je fais les choses parce qu’elles ont du sens pour moi, alors même si le résultat n’est pas exactement celui que j’imaginais, ce n’est pas un échec.

🔥 Y a-t-il une personne, une lecture ou une expérience qui t’a aidée à voir le risque autrement ?

Oui, une expérience professionnelle m’a particulièrement marquée. Lorsque je travaillais chez Grant Thornton, mon responsable m’a vraiment permis de m’exprimer.

Pour la première fois, je me suis retrouvée face à quelqu’un qui acceptait que j’aie une vision différente de la sienne, qui accueillait les critiques et les remises en question, avec qui il y avait un véritable échange.

Cette confiance a créé une forme de sécurité psychologique. Je me suis sentie autorisée à proposer des idées, à tester des choses et à relever des défis. J’ai donné des formations en interne, lancé des initiatives de cohésion d’équipe et expérimenté des projets que je n’aurais probablement jamais osé entreprendre auparavant.

Cette expérience m’a appris que lorsque les gens se sentent écoutés et non jugés, ils osent beaucoup plus naturellement.

🔥 Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui rêve de sortir des sentiers battus mais qui hésite encore à faire le premier pas ?

Je lui dirais que la plus grande difficulté est souvent simplement de se lancer.

Tant qu’on reste dans la réflexion et dans les peurs, tout paraît beaucoup plus compliqué qu’en réalité. Mais une fois qu’on fait le premier pas, quelque chose se met en mouvement.

On découvre que finalement c’était moins difficile que ce que l’on pensait, que l’on est capable d’avancer, d’apprendre et de s’adapter.

Je conseillerais simplement d’y aller petit à petit, de monter les marches, une à une.

Au fond, l’important n’est pas d’avoir tout prévu, mais d’oser commencer.


Nathalie SALAGNAC est la fondatrice de LeoSens, une structure dédiée au développement des managers, avec une approche centrée sur un levier souvent sous-estimé : l’humain.

Sa conviction est simple : la performance durable ne repose pas uniquement sur des compétences techniques, mais aussi sur la capacité des managers à comprendre, accompagner et faire grandir leurs équipes.

Forte de plusieurs années d’expérience en management, elle a créé LeoSens avec l’envie d’apporter une approche concrète, ancrée dans le réel, à la formation et au conseil.

Aujourd’hui, elle accompagne les organisations dans l’évolution de leurs pratiques managériales et crée des espaces d’échange entre managers pour confronter les points de vue, prendre du recul sur ses propres pratiques et initier des changements concrets.