Possible@Lux | Possible ou pas d'être très engagé sans s'épuiser ?

On peut continuer à avancer, à travailler, à sourire… tout en perdant peu à peu sa capacité à prendre du recul. Dans cette tribune, Mélanie Odille, DRH, partage son expérience et explique pourquoi la clarté mentale est peut-être l'une des conditions les plus sous-estimées de la performance durable.

La performance consiste-t-elle à toujours donner plus ?

Pendant longtemps, j'aurais répondu « oui » sans hésiter.

J'ai toujours aimé m'investir, porter des projets, accompagner des équipes, chercher des solutions. L'engagement fait partie de ma personnalité. Et pendant longtemps, j'ai pensé que c'était forcément une qualité.

Puis un jour, j'ai compris qu'il pouvait aussi devenir un piège.

Pas parce que je travaillais trop. Pas parce que mon entreprise en demandait trop.

Mais parce qu'à force de vouloir tout mener de front, j'avais fini par perdre quelque chose d'essentiel : ma clarté mentale.

Aujourd'hui, on parle beaucoup de charge mentale, et c'est une bonne chose. Mais j'ai parfois le sentiment que l'on cherche un responsable. Comme si cette fatigue était uniquement la conséquence du travail ou, à l'inverse, seulement de notre manière de gérer les choses.

À mes yeux, la réalité est bien plus nuancée.

L'entreprise a une responsabilité : créer un environnement de travail sain, donner du sens, accompagner ses managers et rester attentive aux signaux faibles. Mais nous avons aussi une responsabilité envers nous-mêmes.

Notre cerveau ne fait pas la différence entre un dossier urgent, un enfant malade, une nuit trop courte, un proche à soutenir ou une liste de tâches qui ne cesse de s'allonger. Il accumule tout.

Et quand tout s'accumule, on ne perd pas forcément en motivation. On perd en discernement.

Le plus difficile, c'est que cela se voit peu. On continue d'avancer, de travailler, de sourire parfois… alors même que chaque décision demande davantage d'énergie.

Je le sais parce que je l'ai vécu.

À une période de ma vie, moi qui avais l'habitude d'aider les autres à prendre du recul, je n'arrivais plus à en prendre pour moi-même.

Cette expérience a profondément changé ma manière de voir mon métier.

Aujourd'hui, je reste profondément attachée à la valeur travail. Je crois qu'il nous fait grandir, qu'il nous permet de nous réaliser, de créer, de transmettre et de contribuer.

Mon message n'est donc pas d'en faire moins. Il est de retrouver suffisamment de clarté pour continuer à donner le meilleur de soi, sans s'oublier en chemin.

Pour certains, cela passera par le sport. Pour d'autres, la méditation, une psychothérapie, une meilleure hygiène de vie ou simplement le fait d'apprendre à ralentir.

Dans mon parcours, le neurofeedback dynamique a été l'un des outils qui m'ont aidée à retrouver cette clarté. Non pas comme une solution miracle, mais comme un moyen de permettre à mon cerveau de retrouver ses capacités naturelles d'autorégulation.

C'est d'ailleurs ce qui m'a donné envie de me former à cette approche, en parallèle de mon métier de DRH.

Non pas parce que je crois à une performance à tout prix, mais parce que je suis convaincue qu'une personne qui retrouve de la clarté mentale retrouve aussi sa capacité à décider, à collaborer, à créer… et à donner le meilleur d'elle-même.

Pendant longtemps, j'ai cru que la performance consistait à donner toujours plus.

Aujourd'hui, je pense qu'elle consiste surtout à rester suffisamment claire pour continuer à donner le meilleur de soi, durablement.

Nous passons beaucoup de temps à développer nos compétences.

Et si nous accordions enfin autant d'attention à l'outil qui les rend possibles : notre cerveau ?


Mélanie ODILLE est Directrice des Ressources Humaines chez Concept & Partners. Après un parcours à la croisée de la nutrition, de la restauration et des ressources humaines, elle a développé une vision du management où performance et bien-être se renforcent mutuellement.

Convaincue que la première richesse d'une entreprise réside dans l'énergie de ses collaborateurs, elle s'intéresse particulièrement aux enjeux de charge mentale, de clarté mentale et de performance durable.

En parallèle de son activité de DRH, elle accompagne également des personnes en neurofeedback dynamique, avec la conviction qu'un meilleur équilibre mental favorise une performance plus durable, tant sur le plan professionnel que personnel.