

Thomas Palacin-Danthine n'est pas du genre à suivre les chemins tout tracés. Depuis ses débuts dans le packaging jusqu'à la création de plusieurs entreprises créatives, il a toujours su jongler entre projets et inspiration, avec une approche qui allie technique et liberté. Découvrez comment il parvient à naviguer entre la spontanéité, les défis du quotidien et son rôle de directeur créatif, tout en restant fidèle à son mode de travail atypique.
☀️ Quelques mots sur ton parcours ?
Rien de très fancy. J'ai obtenu un Bachelor en prépresse et communication visuelle en 2012, puis j'ai commencé ma carrière dans une société de packaging design, DesignRépublic, où j'ai travaillé pendant 4 ans et demi pour des clients du secteur food & beverage.
En 2017, avec ma compagne, nous avons décidé de quitter Bruxelles pour nous installer à Arlon, sa ville d'origine. Le choix était donc évident : travailler à Luxembourg. Malheureusement (ou heureusement), les agences locales n'offraient pas le même niveau d'exigence technique et créative auquel j'étais habitué.
C'est ainsi que l'opportunité de lancer ma première société, Deuux, s'est présentée, marquant le début de mes aventures entrepreneuriales.
☀️ Tu es aujourd'hui à la tête de plusieurs entreprises dans des domaines créatifs comme la communication visuelle, la production vidéo, et l’impression digitale. Comment maintiens-tu une vision claire et cohérente tout en jonglant avec autant de projets ?
Les métiers que je pratique sont étroitement liés ; chaque service est souvent la continuité d’un autre. Si on a une vue d'ensemble et une bonne compréhension des avantages et des contraintes à chaque étape, tout devient plus simple.
Cela dit, chaque projet ou entreprise ne se passe pas toujours comme prévu. J’ai probablement cherché à explorer mes propres limites au fil du temps.
☀️ On parle souvent de la créativité comme d’un muscle à entretenir. Comment cette idée se traduit-elle pour toi au quotidien ?
Je n’ai pas vraiment cette vision d’un muscle. Il existe tellement de formes de créativité, mais pour définir la mienne, je la vois en deux cercles qui se chevauchent.
Le premier cercle est notre capacité à s’imprégner de notre environnement, qu’il soit digital ou physique. C’est notre faculté à créer des images mentales et à y accéder facilement, comme un meuble d’apothicaire rempli d’idées.
Le second cercle est purement technique, lié aux compétences du métier (pinceau, stylet, crayon, logiciel). La technique est effectivement comme un muscle : elle se construit par l’entraînement et disparaît vite si on ne l’entretient pas.
Le centre, la zone de chevauchement, c’est là où la créativité opère vraiment. On devient bon quand on peut naviguer facilement et rapidement entre ces deux cercles.
☀️ Quelles sont tes routines ou habitudes pour garder ce "muscle" de la créativité actif ? As-tu des rituels spécifiques pour rester inspiré ?
Comme je l’ai dit, je m’imprègne constamment de mon environnement et je veille à maintenir mes compétences techniques à jour. Cet équilibre est essentiel pour garder la créativité en forme.
☀️ Quand tu te sens moins créatif ou face à un blocage, quelles stratégies utilises-tu pour retrouver l’inspiration ?
Je reviens à l’un des deux cercles. Soit je cherche de l’inspiration extérieure, soit je me remets à des exercices techniques pour m’entraîner. Cela permet de créer de nouvelles connexions et de retrouver de l'élan créatif. Il faut accepter que la création est un exercice mental très énergivore, et qu’on ne peut pas toujours être performant à 100 %.
☀️ En tant que directeur créatif, tu joues un rôle clé dans le lancement des projets. Comment parviens-tu à donner une direction tout en laissant de la place à l’improvisation et à l’inspiration spontanée ?
La création n’est pas un chemin linéaire de A à B, c’est une succession d’itérations. L’improvisation et la spontanéité en font partie intégrante. Cependant, chaque projet n’est pas une série d’improvisations incontrôlées. Avec le temps, on apprend à écouter, à comprendre les besoins des clients et à traduire cela en idées concrètes. Cela permet de passer plus facilement de l’idée au papier.
☀️ Tu te décris comme quelqu’un qui n’aime pas les plannings et qui peut passer rapidement d’une idée à l’autre. Comment arrives-tu à équilibrer cette flexibilité avec les exigences de gestion et les deadlines ?
Je pense que cela dépend de la personnalité de chacun. Je comprends la nécessité d’un cadre et d’une routine pour beaucoup, mais moi, c’est l’inverse. J’ai besoin de pouvoir changer de direction rapidement pour atteindre mes objectifs. Cela me procure une liberté mentale, même si cela a ses avantages et ses inconvénients. Pour accumuler de nouvelles "images" mentales, il faut aussi accepter une part d’imprévisibilité au quotidien.
☀️ Pour nourrir ta créativité, comment t’imprègnes-tu des éléments visuels et des tendances actuelles sans te laisser submerger ?
Je ne dirais pas "submerger". Nous absorbons constamment notre environnement visuel, ce qui peut parfois mener à des comparaisons ou à un manque de confiance. Souvent, cela provient d’un déséquilibre entre l'inspiration et la technique. Si on se concentre trop sur un seul des deux aspects, cela affecte notre créativité.
☀️ Parmi toutes tes casquettes, tu as également celle de podcasteur avec "InDaJungle". Comment ce projet s’inscrit-il dans ta démarche créative, et comment t’aide-t-il à rester connecté aux nouvelles idées ?
"Podcasteur" est un grand mot pour moi. Quand je suis devant une caméra, je me sens plutôt comme un lapin pris dans les phares. Je pense d’ailleurs que les auditeurs verront que je ne maîtrise pas encore totalement cet exercice.
Cela dit, InDaJungle est né dans le cadre de ma stratégie de développement. Pendant des années, nous avons grandi grâce au bouche-à-oreille et sommes restés assez discrets sur la scène luxembourgeoise.
Le podcast permet de communiquer plus librement, sans attendre qu’un projet soit terminé, et de montrer ce que notre écosystème créatif peut produire. C’est aussi un excellent moyen de networker, car ces rencontres ne sont pas motivées par un objectif commercial direct.
☀️ Le bouche-à-oreille et les relations de longue date avec tes clients sont essentiels pour ton business. Selon toi, comment la créativité peut-elle jouer un rôle dans la création de relations solides et durables ?
Je ne pense pas que la créativité joue directement un rôle dans les relations. C’est plutôt notre capacité à être fiable, à ne pas promettre des choses qu’on ne peut pas livrer. La confiance, pour moi, se construit plus par la fiabilité que par la créativité.

Thomas Palacin-Danthine a lancé sa première entreprise en 2017. Depuis, il a bâti un écosystème de 4 sociétés, collaborant avec des clients prestigieux comme la Banque Internationale à Luxembourg, BOSS, Proximus, L’Oréal, et Deloitte. Il a récemment lancé InDaJungle, un podcast sur la jungle de l’entrepreneuriat.
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