WeAre Resilient | Josette Meyssonnier

Entre carrière et vie de famille, Josette Meyssonnier a appris que la vraie persévérance ne se mesure pas à la performance, mais à la capacité de rester alignée avec soi-même. Une philosophie inspirante qu’elle partage sans filtre.

☀️ Quelle a été l’épreuve la plus difficile où tu as dû t’accrocher sans lâcher ?

À quarante ans, concilier carrière et vie de famille est un défi quotidien. Chaque jour, je dois me réinventer, trouver l’énergie de tout relancer comme si c’était un nouveau départ. J’aime me rappeler une chanson de Joan Manuel Serrat : “Hoy puede ser un gran día, plantéatelo así” — « aujourd’hui peut être un grand jour, prends-le ainsi ». C’est ma philosophie : insuffler du positif à chaque matin, croire que tout est possible, même quand la veille a été éprouvante. La persévérance, pour moi, réside dans cette capacité à recommencer avec confiance.

☀️ La persévérance, c’est quelque chose d’inné chez toi ou une qualité que tu as construite avec le temps ?

Je crois que la persévérance est en partie innée chez moi : si l’on ne m’affirme pas qu’une chose est impossible, je pars du principe qu’elle peut être atteinte. Mais elle s’est aussi consolidée avec l’expérience. J’ai appris qu’elle exige lucidité et discernement : savoir dans quelles causes investir son énergie et accepter qu’elle mobilise parfois nos dernières ressources. C’est pourquoi je m’autorise des pauses, nécessaires pour mieux repartir. La persévérance n’est pas un marathon linéaire, mais une alternance de temps forts et de temps de recul, pour rester alignée avec son objectif.

☀️ Quelle est, selon toi, la plus grande idée reçue sur la persévérance ?

Beaucoup pensent que persévérer signifie atteindre coûte que coûte son objectif, au risque d’y laisser sa santé, ses relations ou son équilibre. Je crois au contraire que la vraie persévérance est mesurée : elle ne vaut que si elle nous nourrit autant qu’elle nous coûte. S’acharner n’a aucun sens si la cause n’est pas juste, ou si elle ne correspond plus à ce que nous sommes. Persévérer, oui, mais seulement quand cela a du sens et de la valeur, quand l’effort peut transformer positivement une situation. Sinon, il s’agit davantage d’entêtement que de courage.

☀️ Où places-tu la limite entre persévérer et s’obstiner inutilement ?

Je vois la différence comme une question d’écoute intérieure. La persévérance nous pousse en avant, mais l’obstination nous enferme. La limite se ressent dans le corps et dans les émotions : fatigue excessive, perte de motivation, signaux d’alerte qu’on oublie trop souvent d’écouter. Savoir s’arrêter n’est pas un échec, c’est un acte de lucidité. Pour moi, la clé réside dans l’alignement : quand la cause nous inspire et qu’on y croit profondément, la persévérance devient naturelle. Mais si le doute s’installe durablement, alors il est temps de relâcher, de se recentrer et de choisir autrement.

☀️ Une personne ou une expérience a-t-elle marqué ta façon d’aborder les défis ?

Oui, mes parents ont profondément façonné mon approche de la vie et des défis. Leur conviction était simple : tout est possible, à condition de le vouloir et de s’en donner les moyens. Leur devise — « quand on veut, on peut » — m’a accompagnée depuis l’enfance. Elle m’a appris à ne pas me limiter, à croire en mes capacités et à affronter les obstacles avec confiance. Cette vision m’a aidée à construire ma résilience et à persévérer dans les moments les plus exigeants. Leur foi en moi reste un socle solide dans mon parcours.

☀️ Comment savoir quand il vaut mieux s’arrêter plutôt que s’acharner ?

Pour moi, la seule méthode est de prendre du recul. Tant qu’on a « le nez dans le guidon », il est difficile d’évaluer la situation. Alors je m’arrête, je partage avec des proches ou des collègues, j’écoute leurs retours et je me pose des questions simples : que veux-tu vraiment ? quelle direction est la bonne ? J’aime parler de « l’exercice du balcon » : s’élever au-dessus des émotions et observer avec distance. Cet espace permet de clarifier les priorités et de décider si continuer fait encore sens — ou s’il faut réorienter son énergie.

☀️ Que fais-tu concrètement pour garder la motivation quand tout devient compliqué ?

Quand la route devient difficile, je m’appuie sur mes piliers : la famille, l’équipe, le partage. Je crois profondément que la parole libère et que l’entraide multiplie les forces. Seul, on résiste : ensemble, on avance. Dans ces moments, je m’efforce de respirer, de décomposer les obstacles en petites étapes, et de me traiter avec bienveillance. Je me rappelle aussi mes réussites passées, preuves que la résilience est déjà en moi. Enfin, j’essaie de transformer la difficulté en apprentissage : chaque épreuve devient une source d’expérience et un tremplin pour continuer, un pas après l’autre.


Josette MEYSSONNIER, 40 ans, diplômée de l’ICN Business School à Nancy après un bachelor en droit obtenu à l’université d’Aix-en-Provence. Franco-dominicaine avec des origines libanaises, elle vit au Luxembourg depuis 2008 et a toujours travaillé dans les RH. Maman de 3 enfants et DRH, elle jongle avec tous les aspects de sa vie, en se disant que ce qui compte, c’est le bonheur avant tout. Sudiste dans le cœur et Luxembourgeoise d’adoption, elle a à cœur de soutenir la diversité et surtout l’inclusion partout, pour que tous aient la parole et les mêmes chances de réussir.