

Chez Delphine, la curiosité n’est pas un mot à la mode, c’est un réflexe.
Poser des questions, creuser un sujet, changer de regard… c’est ce qui l’anime au quotidien, que ce soit dans son rôle de DRH ou dans sa vie perso (mention spéciale à son ado, cobaye de terrain).
Dans cette interview, elle nous parle d’étoiles à relier, de neurosciences, d’ordinateurs quantiques… et de pourquoi la curiosité, c’est peut-être d’abord une manière de prendre soin.
🌙 La curiosité est souvent le moteur de l’innovation et du dépassement de soi. Comment définirais-tu la curiosité et quel rôle joue-t-elle dans ta vie ?
La curiosité, pour moi, c’est un état d’esprit, un carburant qui alimente l’envie d’apprendre, de découvrir, de s’enrichir. La découverte est partout, il suffit d’ouvrir les yeux. C’est une question de regard. C’est aussi une ouverture aux autres, à la rencontre, à l’altérité, pour comprendre des perspectives différentes.
D’ailleurs, j’ai découvert avec intérêt que l’étymologie du mot « curiosité » nous ramène aux termes curius et curia, comme dans « cure » ou « curatif » – c’est-à-dire le souci de prendre soin de quelqu’un ou de quelque chose. Le curieux, à l’origine, est donc celui qui prend soin.
🌙 Peux-tu nous raconter un moment où ta curiosité t’a poussée à explorer un domaine inattendu ou à apprendre quelque chose de nouveau ?
Récemment, j’ai plongé dans des sujets aussi pointus que l’ordinateur quantique (merci Serge Borg !) et aussi vastes que le bonheur (merci Frédéric Lenoir !). Ça peut paraître éloigné de mon rôle de DRH, mais en réalité, ces explorations nourrissent ma réflexion sur l’impact des technologies sur le travail et sur l’importance de cultiver le bien-être au quotidien.
À l’heure de l’obsolescence des compétences, faire preuve de curiosité, de capacité d’apprendre et aussi d’esprit critique sont des éléments essentiels de la posture professionnelle. Celle qui nous permettra d’appréhender les changements à venir du travail et les évolutions de la relation au travail.
🌙 Y a-t-il un sujet ou une compétence que tu aimerais approfondir, mais que tu n’as pas encore eu l’occasion d’explorer ?
Je crois que mon entourage espère encore me voir développer des compétences en cuisine… mais j’aurais plutôt envie de me former aux neurosciences.
🌙 À quel moment de ta vie la curiosité t’a-t-elle le plus aidée à avancer ?
Tous les jours sans exception. La curiosité, pour moi, est profondément liée à l’art de la question. Je crois à la puissance du questionnement : celui qui permet d’approfondir un sujet, celui qui pousse à se remettre en question, celui de la maïeutique, qui aide les autres à accoucher de leurs propres idées.
🌙 Si ta curiosité devait prendre vie sous forme d’une scène ou d’un objet, à quoi ressemblerait-elle ?
Si ma curiosité devait prendre forme, ce serait un ciel étoilé, avec des constellations à explorer et à relier pour créer de nouvelles connexions.
🌙 Qu’est-ce que nos lecteurs seraient surpris d’apprendre sur toi ou sur la manière dont tu nourris ta curiosité ?
Je mène actuellement une étude sociologique grandeur nature sur les ados de la Gen Z… en la personne de mon fils. Pas besoin d’aller sur Mars, c’est un autre monde ! Parfois, on me trouve « gênante » avec mes questions, mais je ne suis pas la seule daronne dans ce cas, alors je m’accroche !
🌙 As-tu déjà été freinée ou critiquée pour avoir posé "trop" de questions ou exploré des chemins jugés peu conventionnels ?
Je ne comprends pas trop cette notion de « trop » ! Ça fait partie de la curiosité, de la créativité, que de cultiver un peu de réflexion hors cadre, de s’autoriser une phase de divergence lorsque l’on veut trouver des solutions différentes de celles qu’on a déjà mille fois testées, avant de pouvoir converger vers des réponses vraiment nouvelles.
🌙 Y a-t-il une personne, une rencontre ou une expérience qui a profondément influencé ta façon de voir la curiosité ?
J’ai la chance d’être entourée de personnes curieuses, avec qui je partage mes découvertes, petites et grandes. C’est un enrichissement constant !

Delphine BATH, Directrice des Ressources Humaines de La Mondiale Europartner depuis fin 2015, est diplômée de l’EDHEC et de la London School of Economics. Elle a commencé sa carrière en tant que consultante, puis directrice de mission chez Périclès Consulting, sur des sujets d’organisation et de mise en place de systèmes d’information pour des assets managers, des back offices titres et des assureurs en France. Convaincue de l’enjeu stratégique de l’humain dans la transformation des entreprises, elle rejoint le Boston Consulting Group à Paris en tant que Career Development Advisor. Elle exerce dans le groupe AG2R La Mondiale depuis 2011, d’abord au sein des équipes ressources humaines de Développement professionnel sur les enjeux de formation, puis comme Directrice des Ressources Humaines de la filiale d’épargne patrimoniale au Luxembourg.
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