

Créer une marque horlogère en partant de zéro, sans réseau et sans formation ? Paul Richard l’a fait... au culot, à l’instinct et avec une détermination rare. Il raconte ici l’envers du décor.
⌚️ Pour commencer : Qui es-tu et que fais-tu aujourd’hui ?
Je m’appelle Paul Richard, cofondateur de PANOM, une maison horlogère indépendante basée au Luxembourg. Aujourd’hui, je développe notre première série Swiss Made en édition limitée, tout en travaillant à côté dans le monde privé. Je suis passionné d’entrepreneuriat et d’horlogerie, et j’ai essayé d’allier mes deux passions.
⌚️ Quand est-ce que tu t’es dit pour la première fois : « Si j’attends d’être prêt, je ne commencerai jamais » ?
Je pense que je me suis posé cette question très rapidement durant mes études. Néanmoins, entre cette question et le passage à l’action, il s’est écoulé quelques mois.
⌚️ C’était quoi le déclic pour oser sortir du cadre ?
Un professeur durant mes études. Il enseignait le marketing avec une telle passion, et il savait nous montrer comment sortir du cadre que la société nous impose. J’ai adoré son mindset immédiatement.
⌚️ Raconte-moi la première fois où tu y es allé au culot. Qu’est-ce que tu as tenté ?
J’ai toujours agi au culot dans ma façon d’entreprendre. Je ne suis pas horloger, ni même issu d’une formation d’horloger. Néanmoins, j’ai une passion, et j’ai toujours voulu faire ce que j’aime et rien d’autre. Quand nous avons commencé Panom (mon associé et moi), nous partions de zéro : zéro contact, zéro connaissance, zéro information. J’ai repris mon expérience commerciale et j’ai pris mon téléphone pour contacter des sociétés en Suisse. J’ai pris des portes, beaucoup de portes. Jusqu’au jour où nous sommes tombés sur la personne qui nous a compris — et qui est aujourd’hui notre partenaire privilégié.
⌚️ À ce moment-là, tu ressentais quoi ? Peur, excitation, un mélange des deux ?
À ce moment-là, je ne ressentais ni peur ni excitation : pour moi, c’était l’aventure. Je n’avais rien à perdre, et quand on s’enlève ça de l’esprit, on peut tout faire. Soit on me raccrochait au nez, soit j’obtenais plus d’informations pour me développer et développer ma société.
⌚️ Qu’est-ce que ce geste-là t’a appris sur toi ?
Cela m’a appris l’humilité, clairement, la persévérance, et surtout la remise en question.
⌚️ Est-ce qu’il y a eu un moment où tu t’es demandé : « Est-ce que j’ai vraiment ma place ici ? » Comment tu l’as traversé ?
Je me pose cette question tous les jours ! Tous les jours je me dis qu’il serait tellement plus simple de rester dans un job, dans ma zone de confort… mais à quoi bon ? Où se situe l’aventure dans tout ça ? Je n’ai jamais aimé faire comme les autres. Il faut faire beaucoup d’introspection pour traverser ça, et prendre beaucoup de retours d’expérience de personnes qui ont vécu la même chose.
⌚️ Dans l’horlogerie, quelle rencontre ou opportunité tu n’aurais jamais eue sans ce culot ?
Nos partenaires suisses. Sans ce culot, nous serions encore au même niveau : une idée dans nos têtes. Nous avons également eu la chance de rencontrer certaines personnes très bien placées dans le milieu de l’horlogerie.
⌚️ On voit souvent le résultat, rarement les coulisses. C’est quoi la partie invisible de l’apprentissage « en marchant » ?
Beaucoup d’investissement personnel (je vous écris ces lignes un dimanche matin à 6 h 45), pas de grasses matinées, une remise en question perpétuelle… Ce sont de vraies montagnes russes. La partie invisible de l’apprentissage en marchant, c’est de tomber souvent, de trouver la force de se relever, d’oublier ce qui nous a fait tomber — tout en en tirant des enseignements.
⌚️ Si tu devais résumer ta façon d’apprendre sans attendre d’être légitime, ce serait quoi en trois points ?
– Avancer même quand tu n’as pas toutes les réponses.
– Chercher des partenaires plus expérimentés que toi.
– Accepter l’imperfection, mais jamais la négligence.
⌚️ Et pour quelqu’un qui n’ose pas parce qu’il « ne coche pas les cases », tu dirais quoi ?
Comme un grand sage l’a dit : « Fonce, oublie que tu n’as aucune chance ! »
Blague à part : oser, c’est vivre.
⌚️ Pour finir : tu nous partages un fun fact ou quelque chose que presque personne ne sait sur toi ?
Difficile d’y répondre, il faudrait poser la question à ma femme, elle serait plus à même de le faire ! Je dirais que j’ai toujours eu le sentiment d’avoir le syndrome de l’imposteur dans mes jobs, alors que j’ai toujours été à la bonne position, au bon endroit. Et paradoxalement, je me suis toujours senti légitime dans l’horlogerie, alors que dans les faits ce n’est pas le cas. Je suis simplement animé par une passion constante.

Originaire d’un petit village près de Nancy, Paul RICHARD a suivi des études en commerce et marketing avant de travailler dans le domaine de l’intelligence artificielle.
Sa passion pour l’horlogerie est née très tôt, mais elle a réellement pris forme le jour où son père lui a offert une vieille Lip des années 1960, héritée de son grand-père.
Cette montre ne brillait pas par son luxe, mais par son histoire, et c’est elle qui lui a donné l’envie de créer PANOM : une marque indépendante portée par l’entrepreneuriat, la précision et le respect du temps.
Il construit aujourd’hui cette aventure avec l’ambition discrète mais sincère d’apporter sa propre voix à l’horlogerie européenne.
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