

Capital-investissement et organisations à but non lucratif : clash des cultures ou alliance inattendue ? Et si, derrière les clichés, ces deux mondes partageaient en réalité une même logique d’efficacité, d’évaluation et d’engagement ? Plongée dans une convergence qui pourrait bien redéfinir la notion même de retour sur investissement.
Capital-investissement et organisations à but non lucratif : deux mondes, une quête commune ?
...À première vue, on pourrait croire qu’ils n’ont rien à voir.
D’un côté, les sociétés de capital-investissement, souvent accusées de ne penser qu’au profit. De l’autre, les organisations à but non lucratif, perçues comme des héroïnes de l’intérêt général.
Mais si on regarde au-delà des clichés… on découvre un terrain d’entente inattendu.
💶 Et si ces deux mondes n’étaient pas si éloignés ?
Prenez un instant : imaginez deux univers qui brassent chacun des centaines de milliards de dollars par an.
En 2021, 340 milliards de dollars levés par les sociétés de capital-investissement aux États-Unis. La même année ? 500 milliards de dons caritatifs.
Les points communs ne s’arrêtent pas là : 👉🏻 Tous deux mobilisent des millions de personnes. 👉🏻Tous deux collectent des fonds auprès d’investisseurs, de donateurs ou de particuliers fortunés. 👉🏻 Et tous deux doivent rendre des comptes sur la façon dont ces fonds sont utilisés.
La différence ? Le type de retour attendu. L’un cherche un ROI financier, l’autre un impact social.
Mais dans les deux cas, le processus est rigoureux : sélection, accompagnement, évaluation.
💶 Redéfinir la notion de performance
Et si vous pensiez que le capital-investissement ne s’intéresse pas à la société… détrompez-vous.
En 2018, Larry Fink (PDG de BlackRock) écrivait à tous les dirigeants d’entreprise :
« Une entreprise doit non seulement réaliser des performances financières, mais aussi montrer comment elle contribue positivement à la société. »
Ce n’était pas un simple effet d’annonce. C’était un signal fort : 👉🏻 Il ne suffit plus de créer de la valeur pour les actionnaires. 👉🏻 Il faut aussi prendre en compte les employés, les clients, les communautés.
Aujourd’hui, les critères ESG ne sont plus une option. Ils pèsent dans les décisions d’investissement.
💶 La philanthropie se professionnalise
Du côté des organisations à but non lucratif aussi, les lignes bougent.
Connaissez-vous la philanthropie de risque ? Elle applique les méthodes du capital-risque à des causes sociales. Pas pour générer du profit, mais pour maximiser l’impact, avec un suivi rigoureux et une logique de croissance.
C’est exactement ce que fait New Profit, un fonds soutenu par Bain Capital. Conseil stratégique, accompagnement des entrepreneurs sociaux, pilotage par la performance. Un vrai changement de paradigme pour le secteur caritatif.
💶 Mesurer, piloter, ajuster
Avant, les ONG publiaient des rapports de dépenses. Aujourd’hui, on leur demande plus : des résultats, des preuves d’impact, des évaluations concrètes.
Prenez la Fondation Bill & Melinda Gates. Elle a dédié tout un département à l’évaluation de l’impact de ses subventions. Pourquoi ? Parce qu’on ne peut pas piloter efficacement sans mesurer ce qu’on obtient.
Et même si le retour social est plus difficile à chiffrer qu’un rendement financier… ce n’est plus une excuse.
💶 Vers un langage commun ?
Et si capital-investissement et secteur associatif pouvaient apprendre l’un de l’autre ?
Le premier s’ouvre aux enjeux sociaux. Le second adopte des pratiques plus performantes et structurées. Le tout, au service d’un même objectif : créer de la valeur. Financière ou sociale, mais durable.
Non, vous ne verrez sans doute pas une ONG mener un LBO. Mais investir dans des projets locaux, accompagner des équipes, former, évaluer… Ce sont des pratiques partagées. Et demain, elles pourraient bien devenir la norme, quel que soit le secteur.

Stéphane Ries est Managing Director en charge des Intermédiaires Financiers chez Quintet Private Bank Luxembourg. Fort de plus de 25 ans d’expérience, il accompagne des clients professionnels et institutionnels de haut niveau, tels que des compagnies d’assurances, des fonds d’investissement et de pension, des banques ou encore des gestionnaires d’actifs externes.
Très engagé dans l’écosystème financier luxembourgeois, Stéphane participe activement à de nombreuses associations professionnelles, parmi lesquelles l’ABBL, l’ALFI, l’ACA, l’ILA, la LPEA, LuxFlag, LuxReal… Il occupe également plusieurs mandats d’administrateur, tant dans le secteur financier que dans une ONG, à savoir ILES DE PAIX Luxembourg asbl.
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